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Société de conservation et d'aménagement des bassins versants de la Zone Châteauguay

3. DESCRIPTION DU MILIEU BIOLOGIQUE

Par sa position géographique, à l'extrême sud-ouest du Québec, le bassin versant de la rivière Châteauguay est dans la région bioclimatique la plus diversifiée de la province. Les espèces animales et floristiques qu'on y retrouve profitent des conditions les plus favorables du Québec pour croître et se reproduire. Par contre, ces mêmes espèces se situent dans la zone la plus utilisée de la province. Les usages anthropiques entrainent souvent des conséquences qui limitent la biodiversité.

D'après la Stratégie canadienne de la biodiversité publiée par le Réseau canadien d'information sur la biodiversité (RCIB, 1998) :

Dans les temps modernes, la réduction de la biodiversité au Canada est surtout attribuable aux activités humaines. Les impacts cumulatifs de l'industrie, de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de la pêche commerciale, de l'étalement urbain, de l'aménagement de corridors de transport et de notre forte consommation de ressources par habitant ont entraîné la dégradation des écosystèmes et des habitats et la réduction du nombre d'espèces et de leur diversité génétique. Les écosystèmes et l'habitat sont aussi détériorés par la pollution, par l'introduction d'espèces étrangères et par la fragmentation résultant d'une foule d'aspects de l'activité humaine.

Ces constats s'appliquent tous au bassin versant de la rivière Châteauguay. En plus des espèces indigènes présentes sur le territoire, certaines espèces ont été introduites par l'activité humaine, les espèces dites exotiques envahissantes, qui menacent la survie de certaines espèces indigènes (voir la section 3.1.1.3, p. 185).

Lorsque l'on observe le bassin versant de la rivière Châteauguay à vol d'oiseau (figures 51 et 53, p. 134 et 145), on ne peut que constater à quel point les milieux naturels sont fragmentés dans le paysage. Le bassin versant de la rivière Châteauguay ne fait donc pas exception à cette tendance lourde au Canada, d'autant qu'il est situé dans la partie la plus densément peuplée du Québec.

Le bassin versant de la rivière Châteauguay est entièrement située dans la zone de végétation tempérée nordique, plus précisément dans le domaine bioclimatique de l'érablière à caryer cordiforme. Par la combinaison des facteurs climatiques, géologiques, physiographiques et hydrographiques, c'est dans cette région qu'on retrouve le plus grand nombre d'espèces au Québec. De façon générale, on connaît peu les éléments de la biodiversité au Québec (l'ensemble des espèces, les communautés naturelles et les assemblages fauniques), car les données existantes concernent surtout les espèces en péril, ainsi que quelques habitats fauniques. Selon l'Atlas de la biodiversité du Québec, le domaine bioclimatique de l'érablière à caryer cordiforme est la seule région naturelle où l'on retrouve plus de 50% de toutes les espèces menacées ou vulnérables du Québec, celles-ci étant essentiellement à la limite nord de leur aire de répartition. À partir des données existantes, l'analyse des points chauds de la biodiversité, autant pour sa richesse que pour sa rareté des espèces dans une perspective québécoise, indiquent que le territoire est de riche à très riche. Il contient donc plusieurs points d'intérêt pour la conservation au Québec, mais non dans une perspective internationale. (Tardif, B., G. Lavoie et Y. Lachance, 2005).

Sous-catégories

  • 3.1. ÉCOSYSTÈMES TERRESTRES

    Les écosystèmes terrestres du bassin versant de la rivière Châteauguay sont caractérisés par leur biodiversité. Ils abritent plusieurs espèces animales et végétales, soit environ 453 espèces animales vertébrées (en excluant les arthropodes), dont 39 sont en péril, et une proportion probablement élevée (car une revue exhaustive serait nécessaire) des 2543 plantes vasculaires décrites ou citées dans la Flore laurentienne (Marie-Victorin, Frère, et al., 2002), dont au moins 73 espèces en péril essentiellement retrouvés dans certains des 31 écosystèmes forestiers exceptionnels identifiés sur le territoire. Évidemment, toutes les espèces ont besoin d'eau, pour survivre et pour compléter leur cycle vital. Les Espèces animales et floristiques présentées incluent à la fois les espèces uniquement terrestres et les espèces aquatiques. Les espèces uniquement aquatiques ont été extraites à partir des données suivantes et sont présentées à la section 3.2, p. 198.

    • 3.1.1. Faune

      3.1.1.1. Espèces animales présentes, par taxon

      Il reste beaucoup à faire pour connaître la faune terrestre du territoire, particulièrement pour les espèces non en péril et les invertébrés. Les données présentées sont une collection de nombreuses sources d'information qui ont été synthétisées pour plus de clarté.

      Tableau 39 Espèces animales observées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay et en Montérégie d'après les données de nombreuses sources

      Tableau 39

      Tous : Audet, G., 2009d, communication personnelle ; Pouliot, D., et al., 2010 (en préparation) ;

      Mammifères : Conservation de la nature Canada, 2008 ; FAPAQ, 2002 ; CDPNQ, 2004b ;
      Oiseaux : CDPNQ, 2003, 2004c et 2004d ;
      Reptiles et Amphibiens : CDPNQ, 2004a;
      Poissons : CDPNQ, 2004e et 2004f ; MENV, 2004a ; Bernatchez, L. et M. Giroux, 2000 ;
      Arthropodes : Dubé, J. et J.-F. Desroches, 2007 ; MENV, 2004b.

      En plus des Espèces animales pour lesquelles il existe des bases des données, il serait possible de réaliser un travail de recherche des espèces susceptibles d'être présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay pour lesquelles il n'existe aucune mention. Ce travail pourrait être réalisé en utilisant les guides d'identification des animaux du Québec. Lorsque la SCABRIC doit effectuer des identifications pour l'ajout de nouvelles données d'Espèces animales, les guides d'identification suivants sont utilisés :

      - Guide des Oiseaux du Québec et de l'est de l'Amérique du Nord (Peterson, R, T. et V. M. Peterson, 1999) ;
      - Atlas des oiseaux nicheurs du Québec (Gauthier, J. et Y. Aubry (éd.), 1996) ;
      - Guide des Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes (Desroches, J.-F. et D. Rodrigue, 2004) ;
      - Guide des Poissons d'eau douce du Québec (Bernatchez, L. et M. Giroux, 2000) ;
      - Guide des Mammifères du Québec et de l'est du Canada (Prescott, J. et P. Richard, 1996);
      - Guide d'identification Les Insectes du Québec (Dubuc, Y., 2005)

      3.1.1.1.1. Généralités sur la faune

      On connaît assez bien quelques éléments la faune du bassin versant de la rivière Châteauguay. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) la décrit comme « abondante et diversifiée » dans le Plan de développement régional associé aux ressources fauniques de la Montérégie (FAPAQ, 2002). Ce ministère, avec la collaboration du Regroupement QuébecOiseaux et de la Société d'histoire naturelle de la Vallée-du-Saint-Laurent, gèrent des banques de données existantes sur la faune. Pour les grands et petits mammifères terrestres, les données proviennent de la chasse et des inventaires (FAPAQ, 2002). Les données sur les oiseaux nicheurs (Atlas des oiseaux nicheurs du Québec) et pour les oiseaux migrateurs (Banque ÉPOQ) proviennent des observations d'ornithologues amateurs et professionnels, de la chasse et parfois des mortalités routières (ou autres) (CDPNQ, 2003, 2004c et 2004d). Les données au sujet des reptiles et des amphibiens (Atlas des amphibiens et reptiles du Québec) proviennent pour la plupart d'inventaires structurés (CDPNQ, 2004a). Les données sur les poissons proviennent des inventaires compilés par le MRNF, des observations des pêcheurs (Banque de données sur les poissons d'eau douce du Québec) et des inventaires réalisés par le MDDEP (Banque de données sur la faune aquatique et son environnement - poissons) (CDPNQ, 2004e et 2004f ; MENV, 2004a). Certaines études récentes viennent ajouter des détails aux connaissances sur certains animaux, surtout les poissons du bassin versant (Canards Illimités Canada, 2008; Pro Faune, 1998, 2000 et 2005). La plupart de ces données, quoique souvent nombreuses, sont vieillissantes, car le financement à la réalisation d'inventaires et de suivis professionnels, ainsi qu'à l'entrée des nouvelles données dans les banques de données, a été drastiquement réduit.

      Pour leur part, les données sur les micromammifères qui ne sont pas chassés pour leur fourrure (Atlas des micromammifères du Québec) ainsi que celles sur les invertébrés – pour lesquels aucune banque de données centralisée n'existe – sont fragmentaires (CDPNQ, 2004b ; MENV, 2004b). Malgré la publication du premier document au sujet [d]es écrevisses du Québec : biologie, identification et répartition géographique (Dubé, J. et J.-F. Desroches, 2007), on connaît peu les espèces présentes au Québec. Au sujet des insectes, il faudrait des recherches approfondies et un travail colossal de synthèse pour avoir une idée des informations existantes à leur sujet pour le bassin versant de la rivière Châteauguay. La situation des données est similaire pour le suivi du benthos. Le MDDEP a effectué une série d'inventaires dans les rivières Châteauguay et Trout en 1993 (Banque de données sur la faune aquatique et son environnement – benthos – invertébrés benthiques), mais n'en a pas réalisé depuis (MENV, 2004b). Cependant, quelques écoles du bassin versant ont pris partiellement le relais dans le cadre du programme J'Adopte un cours d'eau (G3E, 2010), dont la SCABRIC assure la coordination régionale (Audet, G., 2009b).

      3.1.1.1.2. Généralités sur les habitats fauniques

      L'information au sujet des habitats fauniques identifiés dans le bassin versant de la rivière Châteauguay a été obtenue auprès du MRNF (CDPNQ, 2009b, 2009c, 2009d). Les données indiquent les habitats du rat musqué, les aires de concentration d'oiseaux aquatiques, les héronnières, les aires de confinement du cerf de Virginie, les habitats de reproduction du poisson, et les habitats utilisés par certaines autres espèces particulières. Ces données sont généralement vagues et datent, au mieux, de 2002. Elles permettent cependant d'identifier des secteurs importants pour la conservation de la diversité faunique (figure 69). Les seules données bien organisées et à jour que la SCABRIC a déniché concernant une portion du territoire sont contenues dans le Guide de l'île Saint-Bernard (Préville, M., et al., 2004).

      3.1.1.1.3. Tendances des populations et habitats fauniques

      La SCABRIC n'a trouvé aucun article d'une étude de tendance des populations fauniques ou de suivi des habitats. Il existe toutefois certains suivis, soit : le suivi de certaines espèces animales en péril réalisé par le MRNF (Bouthillier, L. et Garceau, S., 2009, communication personnelle), les suivis fauniques réalisés par Héritage Saint-Bernard sur le territoire qu'ils gèrent (Gendron, D., 2009) et le suivi des macroinvertébrés benthiques réalisé par les étudiants qui participent au programme J'Adopte un cours d'eau à travers le territoire (Audet, G., 2009b). Plus récemment, Ambioterra a débuté un suivi des habitats du fouille-roche gris dans le bassin versant de la rivière des Anglais (Gingras, S. et Gareau, P., 2010). Globalement, les études fauniques réalisées sont ponctuelles et plusieurs années s'écoulent entre les échantillonnages dans un endroit donné. Ces données limitées sont particulièrement criantes pour les espèces aquatiques. On ne peut pas tracer de portrait scientifiquement valable de l'évolution des espèces animales du territoire.

      3.1.1.2. Espèces animales en péril

      De l'ensemble des données existantes sur les espèces animales, les informations qui sont les plus simples à obtenir pour un territoire donné sont les espèces en péril, comme le mentionne l'Atlas de la biodiversité du Québec (Tardif, B., G. Lavoie et Y. Lachance, 2005). Au Québec, la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables reconnaît trois (3) niveaux de désignation pour une espèce : menacée, vulnérable ou susceptible d'être désignée menacées ou vulnérable (Gouvernement du Québec, 1989). Au Canada, la Loi sur les espèces en péril peut accorder les statuts d'espèce : disparue, en voie de disparition, menacée ou préoccupante (Gouvernement du Canada, 2002). Il n'existe à l'heure actuelle pas d'équivalence officielle entre ces statuts de désignation, même si ce travail est en cours (Audet, G., 2009c).

      Dans le bassin versant de la rivière Châteauguay, la SCABRIC a obtenu les informations permettant de créer un tableau des espèces en péril présentes ou historiquement présentes sur le territoire (tableau 41, p. 180 à 184) (CDPNQ, 2009a). Ce tableau a été vérifié et complété à l'aide d'une liste incluant l'ensemble des données pour la Zone Châteauguay (CDPNQ, 2009e), du Registre de la Loi sur les espèces en péril (Service canadien de la faune, 2009) et avec des données récentes auxquelles la SCABRIC a eu accès (les références sont directement dans le tableau 41, p. 180 à 184).

      La qualité des données obtenues du CDPNQ en mai 2009 est plutôt basse, car seulement 17% sont qualifiées de bonne à excellente, 12% sont passables, 7% sont faibles, 1% est disparu, le tiers sont des données historiques et le tiers restant sont à caractériser. Par contre, 81% des données sont précises dans un rayon de 150 m des coordonnées géographiques indiquées et près des deux tiers (2/3) des données sont plus récentes que 1990. Des 113 occurrences de la base de données, les années de dernière occurrence sont réparties ainsi :

      Tableau 40 Répartition par décennie des dates de dernière occurrence des 113 occurrences contenues dans les données obtenues du CDPNQ en mai 2009 (CDPNQ, 2009a).

      Tableau 40

      Au total, 39 Espèces animales recensées, récemment ou historiquement, dans la Zone Châteauguay, font partie d'une ou l'autre des listes d'espèces en péril. À ces 39 espèces, il est possible que s'ajoutent des invertébrés (gastéropodes, bivalves, arthropodes) pour lesquels les données sont quasi inexistantes au Québec. Parmi les 39 espèces, il est probable que 9 soient actuellement disparues du territoire (Brochet vermiculé, Chevalier cuivré, Chevalier de rivières, Lamproie du Nord, Couleuvre d'eau, Tortue molle à épines, Tortue mouchetée, Pie-grièche migratrice, Troglodyte à bec court). En 2004, la Rainette faux-grillon de l'Ouest, était portée disparue du bassin versant de la rivière Châteauguay, malgré les efforts de recensement effectués (Picard, I. et J.-F. Desroches, 2004), mais l'espèce a été découverte à l'Île Saint-Bernard au printemps 2010 (Gendron, D. et Dorais, M.-H., 2010, communication personnelle) et elle est toujours présente dans la Zone Châteauguay à deux endroits : dans une bande d'une vingtaine de kilomètres à proximité du canal de Beauharnois et dans la réserve de Kahnawake (Angers, V.A., Bouthillier, L., Gendron, A. et Montpetit, T., 2008; Audet, G., 2009e, communication personnelle).

      Tableau 41 Espèces animales en péril et leur désignation au Québec et au Canada qui ont été recensées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay et la Zone Châteauguay selon les données extraites par de nombreuses sources MRNF (CDPNQ, 2009a, 2009e ; Service canadien de la faune, 2009 et autres sources).

      Tableau 41 1

      Tableau 41 2

      Tableau 41 3

      Tableau 41 4

      Tableau 41 5

      3.1.1.3. Espèces exotiques envahissantes

      Le bassin versant, dans sa portion québécoise et dans sa portion états-unienne, est de plus en plus envahis par des espèces exotiques, qu'elles soient fauniques ou floristiques. L'État de New-York est particulièrement proactif dans la détection et l'éradication des menaces posées par l'augmentation de ces espèces sur le territoire. Cette préoccupation pour la biodiversité et pour les activités humaines est également présente au Québec, mais dans une proportion moindre. En 2004, on avait recensé 7 espèces au Québec et 23 dans l'État de New-York. Les données combinées pour les espèces animales sont présentées dans le tableau 42 et indiquent que 22 des 23 espèces exotiques animales identifiées sont liées à l'eau. Jusqu'à trente et une autres espèces envahissantes pourraient potentiellement s'y retrouver, mais aucun relevé à ce sujet n'a été effectué sur le territoire.

      Les espèces envahissantes sont problématiques parce qu'elles entrent en compétition avec les espèces indigènes et étendent leur territoire au détriment des autres espèces présentes. En plus, certaines d'entre elles causent des nuisances aux être humains (santé) ou aux activités (économiques, touristiques).

      Tableau 42 Espèces animales exotiques introduites et observées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay d'après des données de nombreuses sources en 2004 (NYDEC et NYDAM, 2005; Audet, G., 2004a, communication personnelle; Letendre, M., 2004, communication personnelle).

      Tableau 42

      3.1.1.4. Déprédation

      Au fil des ans, la SCABRIC a déployée plusieurs efforts afin de joindre les propriétaires du territoire. Des commentaires ont été recueillis, entre autres :

      - Pendant la rédaction du plan général d'intervention en 2004-2005 ;
      - Lors des consultations publiques entre 2005 et 2007 ;
      - Suite à des appels d'un comité de riverains d'un lac artificiel, le Moonlight Lake, dans le bassin versant de la rivière Hinchinbrooke ;
      - Depuis 2003 dans le bassin versant de la rivière aux Outardes Est, dans le cadre d'un projet de conservation de la qualité des habitats du fouille-roche gris, une espèce de poisson en péril.

      Ces démarches ont permis de faire ressortir des informations concernant des difficultés vécues par les propriétaires à cause de grandes populations de cerfs de Virginie (Odocoileus virginianus), de castors (Castor canadensis), de Bernaches du Canada (Branta canadensis) et d'Oies des neiges (Chen caerulescens).

    • 3.1.2. Flore

      Les données existantes et passées sont riches au sujet des plantes vasculaires (herbacées, arbustes et arbres) du bassin versant de la rivière Châteauguay, grâce aux nombreuses recherches de l'IRBV dans le Haut-Saint-Laurent (Bouchard, A., 2009), aux informations récoltées dans les bases de données du MDDEP (CDPNQ, 2006, 2008, 2009f ; MDDEP, 2010d) et du Service canadien de la faune (Service canadien de la faune. 2003 ; COSEPAC, 2005 ; Environnement Canada, 2009c ; Pouliot, D., et al., 2010 (en préparation)) ainsi qu'aux données forestières de l'AFM (AFM, 2009e, 2009f, communications personnelles). Cependant, on connaît beaucoup moins bien les plantes invasculaires (fougères, bryophytes, algues), les lichens et les mycètes (champignons). D'autre part, les données existantes proviennent de plusieurs sources distinctes et une revue de littérature exhaustive serait nécessaire pour compléter et créer les bases des données nécessaires au portrait du territoire.

      3.1.2.1. Végétation terrestre

      Le bassin versant de la rivière Châteauguay se situe dans la forêt climacique (contestée) de l'érablière sucrière à caryer cordiforme (Bouchard, A. et G. Domon, 1998). Les forêts de ce type constituent une très grande richesse. Outre l'érable à sucre, on y retrouve les caryers cordiforme et ovale, trois espèces de chênes (rouge, bicolore et à gros fruits), le tilleul d'Amérique, le frêne, le noyer ainsi que l'ostryer de Virginie. Cette association possède une très grande valeur sur le plan écologique. (Préville, M., et al., 2004, p. 29).

      Il n'existe pas une seule banque de données recensant les espèces végétales terrestres existantes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay. Des données sur les peuplements forestiers sont bien documentées (voir la figure 69, p. 170) (AFM, 2009e et 2009f, communication personnelle; Morneau, M., Dansereau, L. et Tremblay, G., 2005). Par contre, les espèces de sous-bois, celles des champs, celles des milieux humides font partie de la littérature botanique générale (voir la liste des guides d'identification ci-dessous) et il n'existe pas de banque de données rassemblant cette information à l'échelle du bassin versant de la rivière Châteauguay. Pour le territoire, on connaît mieux les espèces en péril que les plus communes (CDPNQ, 2006, 2008, 2009f ; MDDEP, 2010d). Il existe également des études de certains secteurs précis, tels la Réserve nationale de faune du Lac Saint-François (Bessette, R., S. Houle et H. Pagé, 1992) l'Île Saint-Bernard (Préville, M., et al., 2004) et les forêts du Haut-Saint-Laurent, entre autres le Boisé-des-Muir, les Large et Small Teafields et la réserve écologique du Pin-rigide (Brisson, J. et A. Bouchard, 2006; Domon, G., et A. Bouchard, 2007; Benjamin, K., Domon, G., et A. Bouchard. 2005; Brisson, J. et A. Bouchard, 2003; Bouchard, A. & M. Jean, 2001; Bouchard, A. et G. Domon, 1998; Meilleur, A., Brisson, J. et A. Bouchard. 1997; Bouchard, A. et G. Domon, 1997; Bouchard, A. et J. Brisson, 1996; Simard, H. et A. Bouchard, 1996; de Blois, S. et A. Bouchard, 1995; Brisson, J., Bergeron, Y., Bouchard, A. et A. Leduc, 1994; Meilleur, A., Bouchard, A. et Y. Bergeron, 1994; Meilleur, A., Bouchard, A. et Y. Bergeron, 1992). On sait qu'il existe une variété de milieux sur le territoire du bassin versant. Les conditions particulières à ces milieux influencent le développement de certaines espèces de végétaux. Ainsi, sur les sols pauvres du Rocher, on trouve une végétation alpine, dans les zones humides, ce sont des plantes typiques des marais, des marécages et des tourbières. Ailleurs on trouve surtout l'érablière. Toutefois, de nos jours, l'espèce la plus abondante est probablement le maïs qui, avec le soya et le foin, pousse en quantité sur les terres agricoles.

      Des guides d'identification utiles pour apprendre à connaître la végétation terrestre du territoire :

      - Flore laurentienne (Marie-Victorin, Frère, et al., 2002)
      - Petite flore forestière du Québec (Rouleau, R., 1990)
      - Les fleurs sauvages du Québec – Tome 1 (printemps/été) et Tome 2 (été/automne) (Daigle L. et P. Daigle, 2003a et 2003b).
      - Plantes sauvages des lacs, rivières et tourbières (Fleurbec, 1987)
      - Arbres, arbustes et plantes herbacées du Québec (et de l'est du Canada) - Tomes 1 et 2 (Fortin, D. et M. Famelart, 1989 et 1990)

      Pour l'identification des mycètes (champignons), la SCABRIC a accès au guide d'identification suivant :

      - Connaître, cueillir et cuisiner les champignons sauvages du Québec (Sicard, M. et Y. Lamoureux, 2001)

      Les forêts occupent tout de même 47 840 ha, soit 29% du bassin versant de la rivière Châteauguay (Tableau 34, p. 165 et figure 69, p. 170). Comme on s'y attend dans la région, on retrouve en majorité des peuplements feuillus, un tiers de peuplements mixtes et une petite portion de peuplements résineux.

      3.1.2.2. Tendance des populations et évolution des habitats floristiques

      La SCABRIC n'a trouvé aucune publication traçant l'évolution des peuplements végétaux autres que les publications de l'IRBV sur les boisés du Haut-Saint-Laurent (Brisson, J. et A. Bouchard, 2006; Domon, G., et A. Bouchard, 2007; Benjamin, K., Domon, G., et A. Bouchard. 2005; Brisson, J. et A. Bouchard, 2003; Bouchard, A. & M. Jean, 2001; Bouchard, A. et G. Domon, 1998; Meilleur, A., Brisson, J. et A. Bouchard. 1997; Bouchard, A. et G. Domon, 1997; Bouchard, A. et J. Brisson, 1996; Simard, H. et A. Bouchard, 1996; de Blois, S. et A. Bouchard, 1995; Brisson, J., Bergeron, Y., Bouchard, A. et A. Leduc, 1994; Meilleur, A., Bouchard, A. et Y. Bergeron, 1994; Meilleur, A., Bouchard, A. et Y. Bergeron, 1992).

      D'autre part, dans les quatre (4) MRC du bassin versant, comme ailleurs en Montérégie, on a mesuré des pertes de superficie forestière, soit environ 3% entre 1999 et 2004 (GéoMont, 2005). D'après cette étude, la superficie forestière des MRC du bassin versant a diminué de 1945 ha au cours de cette période, soit 106 ha dans la MRC de Beauharnois-Salaberry, 488 ha dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, 1021 ha dans la MRC des Jardins-de-Napierville et 330 ha dans la MRC de Roussillon.

      3.1.2.3. Espèces végétales en péril

      L'essentiel des données concernant les espèces floristiques en péril dans la Zone Châteauguay provient du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ, 2006, 2008, 2009f ; MDDEP, 2010d). Ces données sont assez précises (61% dans un rayon de 150 m, 25 dans un rayon de 1,5 km et 15% dans un rayon de 8 km), mais leur qualité laisse à désirer, car seulement 9% sont qualifiées de bonne à excellente, 12% sont passables, 29% sont faibles, 3% sont à retrouver, 2% est disparu, 13% sont à caractériser et le tiers sont des données historiques.

      Les recherches effectuées ont permis de confirmer la présence de 73 espèces floristiques en péril dans la Zone Châteauguay (Tableau 43). La présence de quatre autres espèces restent à confirmer. Plus de 80% de ces espèces présentes sont susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables au Québec. Ainsi, celles qui bénéficient d'un statut de protection selon l'une des deux lois ne représentent que 13% du lot.

      Il existe une occurrence irremplaçable dans les espèces végétales en péril du territoire, celle de la Monarda punctata var. villicaulis, une espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable au Québec (CDPNQ, 2006) et qui fait partie des espèces évaluées par le COSEPAC au Canada (COSEPAC, 2005). On la retrouve uniquement dans les dunes de Cazaville dans tout le Québec. Fait quasi-surréaliste, ces dunes (« pine plains ») sont les reliquats de l'ancienne forêt de pins blancs centenaires qui a été entièrement coupés à blanc suite à l'arrivée des Européens dans la région (Brisson, J. et A. Bouchard, 2006).

      Tableau 43 Espèces végétales en péril présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay et dans la Zone Châteauguay, selon les données obtenues du MDDEP (CDPNQ, 2006, 2008, 2009f ; MDDEP, 2010d ; Service canadien de la faune. 2003 ; COSEPAC, 2005 ; Environnement Canada, 2009c ; USDA, 2010)

      Tableau 43 1

      Tableau 43 2

      Tableau 43 3

       

      *** Données sensibles exclues de la cartographie

      Figure 71 Espèces en péril du bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 151)

      Figure 71

      3.1.2.4. Écosystèmes forestiers exceptionnels

      Les écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) peuvent être de 3 types ou d'une combinaison de ces trois types : ancien, refuge, rare. On retrouve 135 EFE en Montérégie couvrant près de 1800 hectares. (Lajeunesse, C., 2009)

      Tableau 44 Types d'EFE dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (AFM, 2009b, communication personnelle)

      Tableau 44

      La plupart (22) des 31 EFE présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay sont validées, tandis que 3 sont en traitement et 6 en attente de traitement (AFM, 2009b, communication personnelle). L'ensemble de ces EFE couvrent un territoire d'un peu plus de 516 ha, soit moins de 1% des superficies forestières de la portion québécoise du bassin versant. Tel que l'indique le tableau 45, ces EFE sont surtout concentrés dans la MRC du Haut-Saint-Laurent.

      Tableau 45 Écosystèmes forestiers exceptionnels du bassin versant de la rivière Châteauguay (AFM, 2009b, communication personnelle)

      Tableau 45

      La plupart de ces EFE n'ont aucun statut de protection et aucun organisme de conservation n'a entrepris de démarches pour les protéger. La CRÉVHSL s'est dotée d'un Plan d'intervention dans le but d'inclure la protection des EFE dans les activités de la CRRNT (Lajeunesse, C., 2009). Toutefois, pour le moment aucune des actions identifiées n'a été entreprise, essentiellement pour des raisons administratives (Gagné, C., 2009, communication personnelle).

      Figure 72 Répartition des écosystèmes forestiers exceptionnels dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Pépin, J.-F., 2009a).

      Figure 72 modif

      3.1.2.5. Espèces végétales exotiques envahissantes

      En 2004, on avait recensé 7 espèces au Québec et 23 dans l'État de New-York. En 2009, l'Union Saint-Laurent-Grands-Lacs a créé et mis en ligne un répertoire interactif des observations d'espèces de plantes exotiques envahissantes, le Réseau de surveillance des plantes exotiques envahissantes (http://rspee.glu.org/) qui commence à être alimenté par les observations de personnes du bassin versant de la rivière Châteauguay (USGL, 2010). Dans ce répertoire, 17 des 20 espèces décrites ont de bonnes chances d'être présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay, que ce soit dans la partie québécoise ou états-unienne. Les données combinées pour les espèces végétales exotiques sont présentées dans le tableau 46 et indiquent que 17 des 19 espèces exotiques végétales identifiées sont liées à l'eau. Jusqu'à trente et une autres espèces envahissantes pourraient potentiellement s'y retrouver, mais aucun relevé à ce sujet n'a été effectué sur le territoire.

      Comme mentionné précédemment, les espèces envahissantes sont problématiques parce qu'elles entrent en compétition avec les espèces indigènes et étendent leur territoire au détriment des autres espèces présentes. En plus, certaines d'entre elles causent des nuisances aux être humains (santé) ou aux activités (économiques, touristiques). Par exemple, en quelques années, la Châtaigne d'eau, qui a un système de reproduction hautement efficace, forme des populations tellement denses que les embarcations ont de la difficulté à circuler sur l'eau, ce qui réduit grandement la quantité d'oxygène disponible pour la respiration des poissons.

      Tableau 46 Espèces végétales exotiques envahissantes observées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay d'après des données de nombreuses sources depuis 2004.

      Tableau 46

      (Adirondack Park Invasive Plant Program, 2009; NYDEC et NYDAM, 2005; Audet, G., 2004a, communication personnelle; Letendre, M., 2004, communication personnelle ; USGL, 2010).

       

  • 3.2. ÉCOSYSTÈMES AQUATIQUES

    Parmi toutes les espèces présentes sur le territoire du bassin versant, les espèces aquatiques sont, par définition, plus exposées aux effets des modifications apportées par les activités humaines à l'eau. Les espèces aquatiques, identifiées dans les tableaux suivants, ont un lien direct avec l'eau, soit qu'elles vivent littéralement dans l'eau, comme les plantes aquatiques, les poissons, les salamandres, soit elles utilisent les cours d'eau dans une partie importante de leur habitat (reproduction, alimentation). Par exemple, les salamandres de ruisseaux, telles les salamandres sombres des montagnes et les salamandres pourpres, ont besoin des résurgences qui sont des ruisseaux intermittents présents sur la Covey Hill, pour répondre à leurs besoins. Elles ont toutes des besoins particuliers à combler, ce qui requiert que ces caractéristiques doivent être préservées pour continuer à héberger la variété d'espèces retrouvées. Les données actuellement recueillies identifient 49 espèces de plantes aquatiques ou palustres (tableau 50, p. 206), 72 espèces de poissons indigènes, 21 espèces d'amphibiens, 12 espèces de reptiles, 37 espèces d'oiseaux et 35 espèces de mammifères aquatiques ou palustres (Tableau 47, p. 200). En plus des espèces plus communes, certaines espèces en péril sont associées à l'eau, soit 33 espèces animales (tableau 48, p. 204) et 47 espèces végétales (tableau 51, p. 208), qui ont été extraites des listes d'espèces en péril décrites dans les tableaux 41 et 43, p. 180 et 190 des sections 3.1.1.2, p. 178 et 3.1.2.3, p. 189. En plus de ces espèces, on commence à identifier certaines espèces exotiques envahissantes, dont au moins 15 plantes aquatiques, 5 invertébrés et 17 poissons (Tableau 42, p. 186).

    • 3.2.1. Faune

      3.2.1.1. Faune ichtyologique

      La partie inférieure de la rivière couvre 6,4 km entre l'embouchure dans le lac Saint-Louis et le premier barrage en amont de la ville de Châteauguay. Elle se compose d'un tronçon à écoulement lent à l'amont de l'île Saint-Bernard, autrefois appelé bassin de Châteauguay, où la rivière atteint une largeur de 350 m, et d'une partie étroite et plus rapide en amont. La partie aval est fréquentée par une grande variété de poissons qui commencent à s'y rassembler dès l'hiver, sous la glace, en préparation de la reproduction au printemps. Ensuite, en mars ou en avril, nombre de géniteurs de quelque 25 espèces envahissent les basses terres, notamment, du nord-est de l'île Saint-Bernard et celles comprises entre le bras sud de la rivière Châteauguay et le ruisseau Saint-Jean, pour s'y reproduire d'avril à juin ou juillet, selon les années. La partie amont, comprise entre le début du rapide et le premier barrage, est considérée comme l'une des frayères les plus productives d'achigan à petite bouche de tout le sud-ouest de Montréal. D'ailleurs, la plus grande partie de ce tronçon, entre le pont de la route 132 et le barrage, fut désignée « sanctuaire de pêche » dès 1943 et figure, encore aujourd'hui, parmi les « plans d'eau à gestion particulière » de la Montérégie. Ce secteur était aussi utilisé pour la reproduction du meunier noir et des chevaliers à l'exception du cuivré.

      Sur les 14 km suivants, soit jusqu'au barrage de Sainte-Martine, le courant est plus lent et la profondeur dépasse rarement 1 m. Les rives sont bordées d'une lisière de plantes aquatiques très denses qui couvrent toute la largeur du cours d'eau dans les secteurs les moins profonds. On y trouve deux chutes de niveau, l'une à Mercier, l'autre dans le rapide au pied même du barrage de Sainte-Martine. C'est à cet endroit qu'a été observée au cours des derniers automnes, la reproduction de quelques couples de saumon chinook. Ce rapide était d'ailleurs déjà reconnu comme frayère du doré jaune et de l'achigan à petite bouche. Une autre a été identifiée pour ces deux espèces dans le même tronçon, en aval du pont de la route 205. Ces eaux peuvent être très poissonneuses, mais les populations de ce tronçon sont occasionnellement décimées par la pollution résultant, entre autres, de rejets organiques massifs provenant des activités agricoles qui créent des conditions anoxiques. Une vingtaine d'espèces de poisson sont alors affectées, parmi lesquelles figurent le doré jaune, l'achigan à petite bouche, le grand brochet, le maskinongé, l'anguille d'Amérique, la barbotte brune, la lotte, la perchaude, la laquaiche argentée, le crapet-soleil, le crapet de roche et bien d'autres.

      En amont du barrage de Sainte-Martine, se succèdent cinq segments de longueurs variées presque tous caractérisés par le fait d'être enclavés entre deux barrages. Plus on va vers l'amont, moins la rivière est profonde et plus sa pente est forte. Le tracé devient plus sinueux et le courant plus rapide, mais sans jamais donner lieu à des chutes importantes. Le premier de ces segments s'étend sur une distance d'environ 25 km entre les barrages de Sainte-Martine et d'Ormstown. Le courant est presque nul vu la présence d'une seule dénivellation d'environ 3 m au barrage d'Ormstown. On y note une alternance de bassins de 2 à 6 m de profondeur et de hauts-fonds.

      Le suivant couvre 8,8 km entre les barrages d'Orsmtown et de Dewittville; la rivière est moins profonde mais plus rapide que dans les secteurs aval. La dénivellation totale y est d'environ 2 m. On y connaît trois frayères de doré jaune, l'une tout à l'aval du tronçon, au pont de la route 201 à Ormstown, la seconde à environ 6 km en aval de Dewittville et la troisième à Dewittville même, un peu en aval du barrage. Entre les barrages de Dewittville et d'Huntingdon, la rivière devient beaucoup plus sinueuse sur un parcours de 8 km. Le courant est plutôt rapide et, à l'instar des zones précédentes, il y a succession de bassins et de petits rapides ou hauts-fonds. Les eaux y sont plus polluées que dans les zones précédentes à cause, notamment, des activités agricoles et de la turbidité occasionnée par les animaux qui pataugent dans la rivière [(Cependant, depuis la mise en place du Règlement sur les exploitations agricoles (REA), ces situations sont moins fréquentes)]. Une aire de reproduction de l'achigan à petite bouche a été identifiée dans ce tronçon, à Huntingdon, un peu en aval du barrage.

      Dans les 6,8 km qui suivent en amont du barrage de Huntingdon jusqu'à l'embouchure de la rivière Hinchinbrooke, l'alternance de bassins et de hauts-fonds disparaît graduellement vers l'amont pour faire place à un cours d'eau plus rapide de 1 à 2 m de profondeur sur fond dur.

      Enfin, entre l'embouchure de la rivière Hinchinbrooke et la frontière située à 6,8 km plus en amont, on passe de 50 m au-dessus du niveau moyen de la mer en aval, à l'altitude de 100 m à l'amont. Dans ce tronçon en pente raide, la rivière est très sinueuse et le courant rapide, mais il n'existe en aucun endroit de chutes importantes. L'eau dont la profondeur varie entre 0,3 et 2 m, est limpide. C'est un secteur qui se prête bien à la pêche des salmonidés. Nous ne connaissons pas la localisation précise des aires de reproduction dans ces deux secteurs de la rivière, mais des habitats aquatiques valables ont été répertoriés dans les tributaires. Mentionnons, à titre d'exemple, dans la rivière des Anglais, les frayères d'achigan à petite bouche et/ou de doré jaune près des ponts de la route 203 à Howick et de la route 209 à Saint-[...]Chrysostome.

      L'un de ses tributaires importants, le ruisseau Norton, un cours d'eau jadis favorable aux espèces d'eaux vives comme la barbotte des rapides et l'achigan à petite bouche, était en voie de dégradation à cause, entre autres, de l'affouillement graduel des terres noires où il coule. Ce ruisseau a fait l'objet vers la fin des années quatre-vingt d'un important projet de restauration par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, qui lui a rendu ses propriétés rocheuses et a contribué à l'amélioration de la qualité de ses eaux.

      C'est dans la partie supérieure du bassin, souvent en région montagneuse, qu'on peut trouver l'eau la plus propre et la plus froide et, par le fait même, la plus convenable au maintien de l'omble de fontaine et d'autres salmonidés ensemencés. Les meilleurs potentiels à cet égard se situeraient dans les tronçons des cours d'eau suivants : les derniers kilomètres de la [rivière Trout] avant la frontière, la rivière Châteauguay à l'amont de Huntingdon, le [Ruisseau Oak], la rivière Hinchinbrooke et ses tributaires, la partie supérieure du bassin de la rivière aux Outardes et la partie supérieure du bassin de la rivière des Anglais. La plupart de ces cours d'eau conservent, même durant les périodes d'étiage d'été, un débit convenable et un volume d'eau suffisant. (FAPAQ, 2002, p. 55 à 57)

      En plus de ces données générales, cinq études comportant des aspects ichtyologiques ont été menées sur le territoire du bassin versant de la rivière Châteauguay dans la dernière décennie :

      • Une série de trois études de caractérisation des habitats aquatiques réalisées pour l'Association de chasse, pêche et plein-air Les Balbuzards (Pro Faune, 1998, 2000 et 2005).
      • Deux inventaires du fouille-roche gris (Percina copelandi) (Garceau, S., M. Letendre et Y. Chagnon, 2007 ; Gingras, S. et Gareau, P., 2010, communication personnelle)
      • L'Étude pour une approche de gestion intégrée de l'eau de surface par des ouvrages de retenue dans les cours d'eau agricoles tributaires du ruisseau Norton réalisée pour le Syndicat des producteurs maraîchers de St-Jean-Valleyfield (Canards Illimités Canada, 2008)

      Tableau 47 Espèces animales vertébrées dont la présence est directement liée aux cours d'eau (Audet, G. et Lapointe, M.-C., 2010a)

      Tableau 47 1

      Tableau 47 2

      Tableau 47 3

      Tableau 47 4

      Références du tableau 47

      Tous : Audet, G., 2009d, communication personnelle ; Pouliot, D., et al., 2010 (en préparation) ;
      Mammifères : Conservation de la nature Canada, 2008 ; FAPAQ, 2002 ; CDPNQ, 2004b ; Prescott, J. et P. Richard, 1996
      Oiseaux : CDPNQ, 2003, 2004c et 2004d ; Peterson, R. T., et V. M. Peterson, 1999 ; Gauthier, J. et Y. Aubry (éd.), 1996
      Reptiles et Amphibiens : CDPNQ, 2004a; Desroches, J.-F. et D. Rodrigue, 2004 ;
      Poissons : CDPNQ, 2004e et 2004f ; MENV, 2004a ; Bernatchez, L. et M. Giroux, 2000.

      3.2.1.2. Les frayères

      Dans la partie aval de la rivière Châteauguay, il existe deux sanctuaires de pêche. L'un en aval du barrage Dunn à Sainte-Martine et l'autre entre l'Île Chèvrefils et le pont Laberge (joignant le boul. d'Anjou et rue Principale) à Châteauguay (Bolduc, S. et J. Hénen, 2001) – Voir l'annexe 1. Entre ces deux sanctuaires de pêche, il existe une frayère d'achigan en aval des rapides à proximité du pont des Bourdons (route 132, boul. René-Lévesque), à l'endroit où l'on prévoit la construction de l'autoroute 30 (Bydwell, G., 2005, communication personnelle). À l'embouchure de la Châteauguay, sur l'île Saint-Bernard, se trouve « les plus importantes frayères multispécifiques en plaine inondable du lac Saint-Louis » (Préville, M., et al., 2004, p. 15). Ces habitats de frai et d'alevinage ont été améliorés par l'installation d'ouvrages de contrôle des niveaux d'eau à des endroits stratégiques de l'île (Préville, M., et al., 2004, p. 15 et 21 à 23). Ces frayères font partie de celles identifiées par la base de données du MRNF (CDPNQ2009d), tel que l'indique la figure 72, p. 195.

      Le MRNF, afin de faciliter la tâche aux comités responsables d'autoriser les nettoyages de cours d'eau, a rendu public, récemment, un outil pour positionner les cours d'eau où se retrouvent des espèces d'eau froide et d'eau chaude en Montérégie (MRNF, 2010a).

      Cet outil cartographique interactif évoluera dans le temps pour que soient inclues d'autres données au sujet des habitats de poissons et des espèces présentes. On peut consulter cet outil à l'adresse Internet : http://plans-thematiques06.mrnf.gouv.qc.ca/index.asp.

      Cet outil spécifie que seuls les cours d'eau en tête du bassin versant de la rivière Châteauguay, soit dans les sous bassins versants des rivières Hinchinbrooke, aux Outardes et une partie de la tête du bassin versant de la rivière des Anglais, contiennent des espèces d'eau froide. Tous les autres affluents du bassin versant de la rivière Châteauguay contiennent des espèces d'eau chaude.

      3.2.1.3. Espèces animales aquatiques en péril

      Tableau 48 Espèces animales en péril du bassin versant de la rivière Châteauguay dont la présence est directement liée aux cours d'eau (extraits du tableau 41)

      Tableau 48

      3.2.1.4. Espèces animales aquatiques exotiques

      Parmi les 23 espèces animales exotiques et envahissantes recensées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (tableau 42, p. 186), on dénombre 22 espèces animales exotiques envahissantes dont l'habitat est lié à l'eau, telles que présentées dans le tableau 49 suivant.

      Tableau 49 Espèces animales exotiques introduites et observées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay dont la présence est directement liée aux cours d'eau (extraits du tableau 42)

      Tableau 49

    • 3.2.2. Flore

      3.2.2.1. Végétation aquatique

      Les données existantes pour les espèces végétales aquatiques pour un territoire donné font partie de la littérature générale. Il n'existe pas de données centralisées autres que pour les espèces en péril. L'organisation des données concernant les espèces végétales aquatiques de la zone de gestion intégrée de l'eau du bassin versant de la rivière Châteauguay reste entièrement à construire.

      On retrouve des données d'intérêt dans les guides d'identification suivants :

        • Plantes sauvages des lacs, rivières et tourbières (Fleurbec, 1987)
        • Arbres, arbustes et plantes herbacées du Québec (et de l'est du Canada) - Tomes 1 et 2 (Fortin, D. et M. Famelart, 1989 et 1990)

      La SCABRIC a mené une courte étude estivale pour le tronçon de la rivière Châteauguay qui s'étend entre l'embouchure de la rivière des Anglais et le barrage Dunn à Sainte-Martine (Audet, G. et Rutherford, A., 2006, communication personnelle). Également, les résidents du lac Moonlight Lake ont approché la SCABRIC pour tenter de régler un problème d'eutrophisation et d'envahissement par le myriophylle à épi, ce qui a mené à une première caractérisation de la qualité de l'eau pour le bassin versant de la rivière Hinchinbrooke (SCABRIC, 2009).

      D'après le guide Fleurbec, 65 espèces végétales aquatiques sont présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay, tel que présenté dans le tableau 50 suivant (Fleurbec, 1987).

      Tableau 50 – Espèces végétales aquatiques et palustres présentes dans le domaine floristique tempéré mixte où se situe le bassin versant de la rivière Châteauguay (Fleurbec, 1987)

      Tableau 50 1

      Tableau 50 2

      3.2.2.2. Espèces végétales aquatiques en péril

      Parmi les 77 espèces végétales en péril recensées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (tableau 43, p. 190), on dénombre 47 espèces dont l'habitat est lié à l'eau, telles que présentées dans le tableau 51 suivant.

      Tableau 51 – Espèces végétales aquatiques et palustres en péril présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (extrait du tableau 43)

      Tableau 51 1

       Tableau 51 2

       *** Données sensibles exclues de la cartographie

      3.2.2.3. Espèces floristiques aquatiques exotiques et envahissantes

      Parmi les 19 espèces floristiques exotiques et envahissantes recensées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (tableau 46, p. 197), on dénombre 17 espèces végétales exotiques envahissantes dont l'habitat est lié à l'eau, telles que présentées dans le tableau 52 suivant.

      Tableau 52 Espèces végétales exotiques envahissantes présentes dans le bassin versant de la rivière Châteauguay dont la présence est directement liée aux cours d'eau (extraits du tableau 46)

      Tableau 52