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Société de conservation et d'aménagement des bassins versants de la Zone Châteauguay

4. DESCRIPTION DES ACTEURS, DES USAGERS ET DES USAGES DE L’EAU

Le bassin versant de la rivière Châteauguay est caractérisé non seulement par sa diversité biologique, mais également par la diversité des acteurs, des usages et des usagers de l’eau.

La présente section se veut un résumé descriptif de ces forces du milieu et de sa dynamique. 

Sous-catégories

  • 4.1. DESCRIPTION DES ACTEURS DE L’EAU PRÉSENTS SUR LE TERRITOIRE DU BASSIN VERSANT

    Pour chacun des acteurs de l'eau qui sont présentés dans les sections 4.1.1 à 4.1.5, la description tente de décrire la mission des acteurs et leurs actions, leur lien avec la gestion intégrée de l'eau du bassin versant (GIEBV) de la rivière Châteauguay et la manière dont ils peuvent contribuer à la GIEBV.

    • 4.1.1. Secteur municipal

      Le secteur municipal peut être partagé en trois niveaux d'acteurs, soit : la CRÉ, les MRC et les Counties, ainsi que les municipalités et villes, situés autant au Québec que dans l'état de New-York, aux États-Unis.

      De façon générale, les acteurs du secteur municipal travaillent à offrir une meilleure qualité de vie aux citoyens de leur territoire. D'une part, les élus souhaitent généralement être réélus, ce qui est lié à des électeurs satisfaits. Les fonctionnaires doivent mettre en œuvre les décisions des élus et appliquer les lois et règlements imposés par les niveaux supérieurs de gouvernement (fédéral, provincial, etc.).

      Sur le territoire québécois du bassin versant de la rivière Châteauguay, les niveaux hiérarchiques de décisions sont les suivants :

      • La Conférence régional des élus de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent (CRÉVHSL) regroupe et donne des orientations à 5 MRC, soit : Jardins-de-Napierville, Roussillon, Beauharnois-Salaberry, Haut-Saint-Laurent et Vaudreuil-Soulanges, entre autres via le Comité régional sur les ressources naturelles et le territoire (CRRNT) qui produit un plan régional directeur des ressources naturelles et du territoire (PRDIRT)
      • Les municipalités régionales de comté (MRC) de Beauharnois-Salaberry, du Haut-Saint-Laurent, des Jardins-de-Napierville et de Roussillon décrivent, dans leurs schémas d'aménagement et de développement, les préoccupations et les contraintes identifiées, ainsi que les orientations, les objectifs et les affectations prévues pour le développement des municipalités et villes de leur territoire.
      • Les 27 municipalités et villes ont un rôle clé dans la gestion intégrée de l'eau par bassin versant. Pour assurer leur qualité de vie, les municipalités du territoire doivent fournir à leurs citoyens une eau potable de qualité en quantité suffisante, puis doivent s'assurer que cette eau est traitée avant d'être rejetée dans les cours d'eau. Viennent ensuite se greffer des préoccupations diverses comme : la collecte des matières résiduelles, le développement industriel, commercial et résidentiel, la présence d'activités récréatives (accès à la rivière, parcs, etc.), les services de proximité, etc. Les principaux outils à leur disposition sont : 1) les outils réglementaires de planification du territoire, tel le plan d'urbanisme, 2) les fonctionnaires municipaux qui travaillent à la mise en œuvre des décisions et 3) la capacité à récolter des taxes pour financer les divers services à la population.

      En plus des acteurs présents au Québec, une partie des acteurs de la gestion intégrée de l'eau par bassin versant (GIEBV) font partie de l'état de New-York aux États-Unis, soit les deux (2) Counties de Franklin et de Clinton (dont le niveau de gestion du territoire est similaire à celui des MRC), ainsi que les 11 municipalités de : Westville, Constable, Burke, Chateaugay, Malone, Bellmont, Saranac, Dannemora, Ellenburg, Clinton et Mooers. Cette dichotomie internationale implique que les organismes du Québec n'ont aucun moyen direct de communication avec ces acteurs. Les seules autorités qui entretiennent des contacts avec les secteurs municipaux de l'état de New-York sont le MDDEP (au Québec) et le ministère des Affaires Étrangères (au Canada).

       

    • 4.1.2. Secteur économique

      L'ensemble des acteurs du secteur économique ont pour objectif de réaliser des profits, par le biais des produits et services qu'ils offrent. Plusieurs sont interpelés par la gestion intégrée de l'eau par bassin versant surtout en tant que source potentielle ou actuelle de problématiques : source de contamination, érosion, disponibilité de l'eau, accès limité aux cours d'eau. On pense, entre autres, aux secteurs de l'agriculture, de l'alimentation, de la construction, de la gestion des matières résiduelles, de la foresterie et du tourisme.

      Dans le secteur de l'agriculture, qui occupe la plus grande partie du territoire, les acteurs sont nombreux. Les acteurs clés sont en partie regroupés dans les syndicats de l'Union des producteurs agricoles (UPA), d'abord à la Fédération régionale de Saint-Jean-Valleyfield, dans les syndicats de base d'Ormstown, de Saint-Anicet, de Sainte-Martine, de Saint-Louis-de-Gonzague et de Chateauguay Valley. À ces regroupements territoriaux, on doit ajouter les syndicats spécialisés, tels les maraîchers, les producteurs de pommes et les acériculteurs. Tous les agriculteurs membres de l'UPA sont enregistrés comme producteur agricole auprès du MAPAQ. Certains producteurs agricoles, dont les revenus sont moindres, ne sont pas des producteurs agricoles enregistrés, même s'ils cultivent et occupent le territoire. En plus des agriculteurs eux-mêmes, on doit ajouter aux acteurs de ce secteurs les clubs agroenvironnementaux (Logiag, Agro-moisson Lac-Saint-Louis, etc.), qui offrent un appui important à la réduction de l'impact des activités agricoles sur l'environnement par la réduction des intrants, la réduction des sources d'érosion, etc. D'autres acteurs ayant une influence dans le domaine sont les vendeurs d'intrants agricoles (Coopératives fédérées, Synagri et Agro-Centre), qui ont un pouvoir de sensibilisation et peuvent fournir des données locales sur les quantités d'intrants agricoles vendus, donc permettre d'effectuer un suivi de l'évolution. Un autre acteur possédant un pouvoir incitatif au niveau financier, de même que des données agricoles, est la Financière agricole du Québec.

      Dans le secteur de l'alimentation, les acteurs principaux du bassin versant de la rivière Châteauguay sont des industries de transformation alimentaire : Bonduelle à Sainte-Martine, les Vergers Leahy à Franklin et Danone à Hinchinbrooke. À Sainte-Martine, on congèle des légumes frais, à Franklin, on produit le plus de compote de pommes au Canada (de la marque AppleSnax) et on souhaite embouteiller de l'eau souterraine, alors qu'à Hinchinbrooke, on embouteille de l'eau souterraine. Toutes ces activités consomment beaucoup d'eau qui est ensuite chargée de matières organiques ou exportée hors du bassin versant.

      Dans l'industrie de la construction, les entreprises qui sont les plus concernées par la GIEBV sont les carrières et les sablières, qui ont un impact majeur sur l'utilisation du territoire, les risques de contamination de l'eau souterraine et comme source d'érosion. Par exemple, l'entreprise Brospec LP, à Howick, fabrique des composantes en alliages métalliques utilisés dans les mines et les pâtes et papiers, un processus qui requiert de l'eau. Sont aussi concernés l'ensemble des consultants et des contractants qui offrent des services professionnels pour l'entretien des cours d'eau, la construction et l'entretien des routes, la construction et l'entretien des ponts et ponceaux. Par leurs activités, ils modifient les cours d'eau, ce qui peut affaiblir les berges à certains endroits, donc faciliter l'érosion.

      Dans l'industrie de la gestion des matières résiduelles, les acteurs sont plus nombreux : tous les sites d'enfouissement présents sur le territoire, qu'ils soient en activité, abandonnés ou illégaux, les sites d'entreposage de pneus usés, l'incinérateur de Mercier (Clean Harbor), l'usine des traitement de l'eau souterraine (UTES) qui sert à contenir l'eau souterraine contaminée à Mercier, les entreprises qui réalisent la collecte des matières résiduelles pour les quatre (4) MRC du territoire (BMI, écocentres, etc.), ainsi que les entreprises offrant des services professionnels complémentaires, comme l'agrandissement d'un site d'enfouissement (ex. : Barton & Loguidice, P.C. - Engineers, Environmental Scientists, Planners, Landscape Architechts qui apporte son expertise à l'agrandissement du site d'enfouissement à Westville, NY). Le lien entre les matières résiduelles et la gestion de l'eau est surtout au niveau de la qualité de l'eau, à cause du potentiel de contamination ou de propagation de la contamination existante.

      Dans le secteur de la foresterie, à cause de l'exploitation privée, les acteurs principaux sont les producteurs forestiers enregistrés auprès de l'Agence forestière de la Montérégie. À ceux-ci s'ajoutent le syndicat des producteurs de bois du Sud-Ouest, les scieries et les transformateurs de bois du territoire. L'impact de l'exploitation forestière se situe au niveau de la qualité de l'eau, de l'érosion, de la capacité que possède la forêt à faciliter l'infiltration de l'eau pour la recharge de l'aquifère régional et des nappes souterraines perchées, de même que l'importance pour le maintien de la biodiversité.

      Dans le secteur du tourisme, on trouve deux types d'acteurs : les activités nautiques et les campings. Deux entreprises privées du territoire offrent des services de location d'embarcations (Kayak Safari de Huntingdon et la Marina de Châteauguay), en plus de la SCABRIC qui loue des embarcations à Sainte-Martine. Ces services reposent sur l'accessibilité à une eau de surface propice à de telles activités (accès, quantité, qualité, paysage). Les campings du territoire offrent de l'eau potable, doivent traiter de l'eau usée et plusieurs entretiennent un lac artificiel alimenté par l'eau souterraine, tels le Camping du Lac-des-Pins qui accueille environ 10000 visiteurs par saison.

      Pour leur part, les médias régionaux (journaux hebdomadaires, radio, télévision) traitent des actualités. Ils ont un rôle de diffusion de l'information auprès de la population et doivent être considérés pour leur potentiel à transmettre des messages de sensibilisation et de mobilisation de la population en lien avec la gestion intégrée de l'eau.

      À l'extérieur de tous ces regroupements, la gestion intégrée de l'eau s'adresse à tous les propriétaires et locataires du territoire, que ce soit au Québec ou dans l'état de New-York, car chacun a un rôle à jouer dans l'utilisation de l'eau et son traitement après utilisation.

    • 4.1.3. Secteur communautaire

      Dans le secteur communautaire, on retrouve plusieurs groupes d'acteurs de l'eau : les organismes de concertation nationaux et locaux, les organismes environnementaux locaux, nationaux et internationaux, les organismes communautaires locaux, les organismes régionaux, les organismes forestiers et les organismes de conservation.

      Il existe deux types d'organismes de concertation : ceux qui agissent au niveau régional et ceux qui agissent au niveau local. Pour le bassin versant de la rivière Châteauguay, le principal organisme au niveau national est le Regroupement des organismes de bassin versant du Québec (ROBVQ). Ce regroupement offre à ses 40 membres un support qui prend plusieurs formes. Par exemple, il représente les organismes de bassin versant (OBV) auprès des intervenants gouvernementaux nationaux. Également, il coordonne une distribution d'arbres dans le cadre de l'Opération bleu-vert. Au niveau local, notons la présence de la SCABRIC et du Comité Zone d'Intervention Prioritaire (ZIP) du Haut-Saint-Laurent, qui regroupent une variété d'acteurs de l'eau autour d'une table et qui ont des missions complémentaires au niveau de leur territoire d'intervention. À ce titre, ces organismes contribuent à la gestion intégrée de l'eau en facilitant les maillages, en assurant les communications entre les acteurs, en réalisant le suivi de la mise en œuvre et en rendant l'information accessible pour les autres acteurs. Au besoin, ces organismes peuvent réaliser des projets qui sont nécessaires à la GIEBV et pour lesquels il n'existe aucun acteur du territoire apte à leur mise en œuvre.

      Les organismes environnementaux locaux sont nombreux et répondent à divers besoins émergeant des citoyens qui se sont organisés spontanément afin de poser des actions concrètes dans leur milieu de vie. Il s'agit notamment du Comité de vigilance de l'esker régional du sud-ouest (CVER-SO) pour surveiller la contamination à Mercier, la Coalition rurale du Haut-Saint-Laurent pour limiter le développement porcin dans le Haut-Saint-Laurent, les Citoyens pour la gestion responsable des boues municipales et industrielles, préoccupé par la gestion des matières résiduelles fertilisantes (voir la section 2.4.5, p. 163), le RÉGLEAU pour une gestion responsable de l'eau à Franklin et autour, Nostra Terra pour une action environnementale plus large à Franklin, les Amis et riverains de la rivière Châteauguay (ARRC) pour embellir la rivière, à Châteauguay et aux environs, le Comité de réhabilitation de la rivière Châteauguay (CRRC) pour poser des petits gestes d'amélioration de la rivière de son entrée au Québec jusqu'à Châteauguay. L'Association de chasse, pêche et plein-air Les Balbuzards, sans être un organisme environnemental au même titre que les autres, a entrepris par le passé plusieurs actions pour l'amélioration de l'eau dans le but de poursuivre les activités de pêche. Tous ces organismes sont en mesure, dans le respect de leurs moyens respectifs, de coordonner ou de réaliser plusieurs actions nécessaires à la mise en œuvre de la GIEBV, particulièrement des actions de sensibilisation requérant une présence sur le terrain.

      Les organismes communautaires locaux qui ont un rôle à jouer dans la GIEBV sont nombreux et divers, car ils permettent de joindre plusieurs types d'acteurs. Les chambres de commerce et d'industrie du Haut-Saint-Laurent et de Châteauguay permettent de joindre plusieurs entrepreneurs privés du territoire qui sont identifiés dans le secteur économique. D'autres organismes permettent d'élargir la sensibilisation ou la mise en œuvre d'actions ponctuelles, tels les scouts, les maisons des jeunes, les centres d'action bénévole (CAB), les corporations de développement communautaire (CDC), les groupes d'aînés, les clubs optimistes, les clubs Lion.

      Les organismes régionaux concernés par la GIEBV de la rivière Châteauguay sont peu nombreux. Tourisme Suroît est préoccupé par le développement touristique régional et a identifié la rivière Châteauguay comme axe de développement. GéoMont est un regroupement d'acquisition et de partage de données géomatiques pour une quantité de ministères et d'organismes de la Montérégie, ce qui permet d'avoir accès à des données à moindre coût.

      Deux organismes environnementaux nationaux sont concernés par la GIEBV, soit Eau Secours et Nature Québec. Ces groupes rendent accessibles, aux membres de leurs réseaux, des outils pertinents à la gestion intégrée de l'eau. Il en est de même pour l'organisme international Union Saint-Laurent-Grands-Lacs (Great Lakes United – USGL/GLU).

      Dans le bassin versant de la rivière Châteauguay le seul organisme lié à la forêt ayant un rôle à jouer dans la GIEBV est l'Agence forestière de la Montérégie, qui offre un soutien technique et financier, aux propriétaires admissible qui en font la demande, pour l'amélioration des pratiques forestières.

      Les organismes de conservation impliqués dans la GIEBV du bassin versant de la rivière Châteauguay sont au nombre de cinq (5). Le Centre d'intendance écologique Latreille (CIEL) acquière et gère des territoires naturels dans le Haut-Saint-Laurent. Héritage Saint-Bernard (HSB) s'occupe de la gestion de territoires protégés dans le bassin versant et réalise de nombreuses activités de suivi biologique et de sensibilisation du public à Châteauguay. Conservation de la nature et Canards Illimités travaillent à l'échelle du Canada et font à la fois de l'acquisition, de la recherche, des aménagements et de la sensibilisation. La Fondation de la faune du Québec finance des programmes de conservation mis en œuvre par d'autres acteurs du milieu.

    • 4.1.4. Secteur gouvernemental

      Les acteurs du secteur gouvernemental qui sont concernés par la GIEBV dans le bassin versant de la rivière Châteauguay sont tant au niveau international, national que provincial.

      La Commission mixte internationale (CMI) prend des décisions qui influencent la GIEBV de la rivière Châteauguay. En effet, la gestion des niveaux d'eau du fleuve a une influence sur les inondations de la rivière dans la ville de Châteauguay (Leclerc, M., et al., 2006).

      Aux Etats-Unis, les seules instances qui ont été identifiées comme ayant un rôle à jouer dans la GIEBV sont : quatre (4) ministères fédéraux (US Geological Survey (USGS), US Department of Agriculture (USDA), US Environment Protection Agency (USEPA) & Food and Drug Administration (FDA)), un ministère étatique (Department of Environmental Conservation (NYSDEC)) et une société d'état, le County of Franklin Solid Waste Management Authority. Les ministères rendent publique une information de qualité et s'assurent de l'application de nombreuses lois et règlements associés à l'eau.

      Pour chacun des ministères provinciaux et fédéraux, il existe deux classes d'acteurs : les élus, qui sont préoccupés par les questions politiques et les fonctionnaires qui s'assurent la mise en application des lois et des règlements. Les deux peuvent, dans une certaine mesure, fournir des renseignements ou financer des actions.

      Au Canada, deux députés fédéraux sont concernés par la GIEBV de la rivière Châteauguay, soit ceux des comtés de Beauharnois-Salaberry et de Châteauguay-Saint-Constant. En tant qu'élus, ils sont en mesure de financer certaines actions et de faire progresser des dossiers politiques.

      Au Québec, deux députés provinciaux sont concernés par la GIEBV de la rivière Châteauguay, soit ceux des comtés de Châteauguay et d'Huntingdon. Ils jouent sensiblement le même rôle que les députés fédéraux, mais auprès d'un autre gouvernement.

      Parmi les ministères fédéraux concernés par la GIEBV de la rivière Châteauguay, on a identifié : Agriculture et agroalimentaire Canada (propriétaire d'une ferme modèle à Sainte-Clotilde et principal bailleur de fonds d'un projet d'étude sur les biens et services écologiques dans le bassin versant de la rivière Esturgeon, un sous-bassin de la rivière Châteauguay), Environnement Canada (Service canadien de la faune et programme d'intendance de l'habitat des espèces en péril), Parcs Canada (Lieu historique nationale de la Bataille-de-la-Châteauguay), Pêches et Océans Canada (application de la Loi sur les pêches), Ressources naturelles Canada (Commission géologique du Canada et Forêts Canada), Transport Canada (réseau ferroviaire), Affaires étrangères (communications avec l'état de New-York), Service Canada (qui finance des salaires pour des projets grâce à Emplois d'été Canada) et Entreprises Canada (qui offre du support aux entreprises à l'aide des Sociétés d'aide au développement des collectivités et Centres d'aide aux entreprises (SADC)).

      Parmi les ministères provinciaux concernés par la GIEBV de la rivière Châteauguay, on en a identifié une dizaine (10). Le plus sollicité, est définitivement le Ministère du Développement durable de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), autant la direction régionale Montérégie et Estrie de l'analyse et de l'expertise que la direction régionale Montérégie et Estrie du centre de contrôle environnemental régional, le Centre d'expertise hydrique du Québec (CEHQ) que plusieurs directions du central (Direction du suivi de l'état de l'environnement, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Direction des politiques de l'eau, Direction du secteur agricole et des pesticides, Direction des matières résiduelles et des lieux contaminés). Trois autres ministères qui sont grandement sollicités sont la direction régionale Estrie-Montréal-Montérégie du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et la direction régionale Montérégie-Ouest du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), ainsi que le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) et la direction régionale de la Montérégie du Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du Territoire (MAMROT). Viennent ensuite la direction régionale de l'Ouest-de-la-Montérégie du Ministère des Transports du Québec (MTQ), la direction de la santé publique de l'Agence de santé et de services sociaux de la Montérégie relevant du Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la direction régionale de la Montérégie du Ministère de la Sécurité Publique (MSP). Tous ces ministères offrent un appui technique et des connaissances qui enrichissent les données du portrait du bassin versant. Certains peuvent aider à la mise en œuvre des actions et au suivi de l'évolution de la situation qui permettra d'avoir des données au moment de l'évaluation du processus. D'autres ministères québécois, tels le Ministère du Tourisme du Québec (développement touristique de l'axe de la rivière Châteauguay), le Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec (MCCC) (qui a un intérêt pour protéger des ponts patrimoniaux enjambant la rivière) et le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS) (pour le développement d'infrastructures nautiques publiques) offrent un support financier en permettant le développement de projets sur le territoire. D'après l'étude d'Olivier Banville (Banville, O., 2006) les ministères provinciaux travaillent encore en silos, même s'ils sont censés travailler de manière intégrée.

      La seule société d'état identifiée qui a un lien avec la GIEBV est Hydro-Québec. Toutefois, après notre contact, la réponse a été claire : le bassin versant de la rivière Châteauguay a un potentiel électrique trop faible qui n'intéresse pas la société.

      En plus des acteurs ministériels, plusieurs acteurs institutionnels sont concernés par la GIEBV, tant dans les domaines de la santé, des services sociaux, de l'éducation que de la recherche.

      Dans le domaine de la santé, les acteurs concernés par la GIEBV sont les CLSC, les hôpitaux et les cliniques, surtout à cause de l'importante gestion des matières résiduelles dangereuses. De plus, en cas de problème lié à l'accès à l'eau potable, ce sont eux qui en feront les frais.

      Dans le domaine des services sociaux, les Centres locaux de développement (CLD) peuvent influencer le type d'entreprises qui s'implantent sur le territoire et peuvent offrir un support qui inclue les préoccupations liées à l'eau et aux écosystèmes. Les Centres locaux d'emploi (CLE), pour leur part, offrent un appui financier qui permet d'embaucher des ressources humaines pour mener à bien des projets.

      Dans le domaine de l'éducation, les commissions scolaires, les écoles primaires et secondaires ont une mission d'enseignement et, suite à la réforme du système scolaire, ont un intérêt pour la réalisation de projets environnementaux et sociaux avec la communauté. L'expérience de la SCABRIC avec le programme J'Adopte un cours d'eau permet d'obtenir des données de suivi de la qualité de l'eau à des endroits où il n'en existe pas (Audet, G., 2009b, communication personnelle).

      Dans le domaine de la recherche, le bassin versant de la rivière Châteauguay est souvent et depuis longtemps l'objet d'étude, surtout à cause de sa proximité avec Montréal, qui compte quatre (4) universités et plusieurs centres de recherche, notamment : le Centre Brace à l'Université McGill, le département des sciences de la terre et de l'atmosphère ainsi que l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Hymap qui gérait le réseau Mésonet à l'Université Laval de Québec, la State University of New-York (SUNY), l'Institut national de recherche scientifique (INRS), le consortium Ouranos sur les changement climatiques et l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), la ferme expérimentale d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sainte-Clotilde.

  • 4.2. USAGES DE L’EAU

    Les usages de l'eau et les usages du territoire sont intimement liés. Les divers usages du territoire ont été décrits dans la section 2, p. 133. Les prochaines sections décrivent les usages passés de l'eau (section 4.2.1) et le lien avec la qualité de l'eau mesurée dans les dernières années, les usages actuels de l'eau (section 4.2.2) et les usages futurs prévus ou les tendances pour les futurs usages de l'eau (section 4.2.3).

    • 4.2.1. Usages passés

      4.2.1.1. Histoire et patrimoine

      L'histoire et le patrimoine sont d'un grand intérêt dans le bassin versant de la rivière Châteauguay, car « [l]es cours d'eau ont joué un rôle déterminant dans le développement du territoire, et leur présence, combinée à la place prépondérante occupée par le secteur agricole, donne lieu à de remarquables paysages au caractère champêtre. » (CRÉ Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, CCMC et MCCCF, 2007)

      Sur le plan historique, plusieurs populations ont trouvé ici une terre fertile et accueillante. Comme en témoigne la mise en valeur de nombreux sites archéologiques, des parties du territoire [à proximité du bassin versant] ont été fréquentées depuis plus de 5000 ans[...]. Les arrivants européens y ont également laissé leur empreinte, et l'arrondissement historique de La Prairie en est un exemple éloquent. Par ailleurs, l'essor économique du territoire suscité par la construction aux 19e et 20e siècles de trois canaux facilitant le transport fluvial, est largement illustré par la présence d'un important patrimoine industriel.

      Malgré la présence d'un patrimoine historique d'une grande richesse, de sites archéologiques exceptionnels, d'un héritage industriel hors du commun, on retrouve peu d'interventions dédiées à leur conservation et leur mise en valeur, et peu d'équipements dédiés à leur diffusion. [...] La diversité de l'environnement naturel où se côtoient les boisés, les cours d'eau et les paysages naturels est peu exploitée, en particulier dans le développement de l'identité territoriale. (CRÉ Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, CCMC et MCCCF, 2007)

      L'histoire dans le bassin versant de la rivière Châteauguay est marquée par un événement militaire majeur : la Bataille-de-la-Châteauguay.

      La Bataille de la Châteauguay est une bataille militaire qui se déroula le 26 octobre 1813 durant la Guerre de 1812 entre la colonie britannique qui allait devenir le Canada et les États-Unis. Cette bataille est considérée comme l'un des hauts faits d'arme de l'histoire canadienne. En effet, le 26 octobre 1813, 300 miliciens, Voltigeurs Canadiens et Amérindiens appuyés de 1500 soldats et miliciens sédentaires ont repoussé une force américaine de 3000 hommes. (Wikipédia, 2009; Parcs Canada, 2009)

      Plusieurs Patriotes ont également marqué l'histoire locale de plusieurs des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay (Julien, Y., 1978; Bouchard, A., 1983 ; Julien, Y., 1988 ; Kyte Senior, Dr. E., 1988 ; Parent F., 1988 ; McKell, W., 1988 ; Bergevin, H., 1988 ; Mackey, F., 1988 ; McGee, R., 1988 ; Hébert, L. et Goyette, Y., 1988 ; Mackey, F., 1992 ; CLD Jardins-de-Napierville, 2009b)

      La rivière Châteauguay et ses affluents ont été historiquement utilisés pour la drave, soit le transport des billots de bois coupés durant l'hiver dans des cages flottant sur l'eau pendant la crue du printemps. « Il faut dire qu'à l'époque, la navigation était la seule voie de communication entre Châteauguay et la Métropole ». (Chèvrefils, A., 1973; Brisson, J. et A. Bouchard, 2006).

      Avant 1880, les forêts et les milieux humides couvraient l'ensemble du territoire, ou presque. Entre 1800 et 1880 les forêts ont été intensivement coupées pour en extraire les plus gros arbres, surtout le pin blanc et les chênes, afin qu'ils soient surtout transformés en mats pour les navires de la Marine Royale Britannique. Les plus petites essences étaient utilisées pour les usages courants (construction, chauffage, biens meubles), pour la fabrication de la potasse (produit chimique industriel utilisé dans les fertilisants, les savons, la céramique et comme fixatif pour les teintures). Les milieux humides étaient le principal obstacle à l'agriculture, encore plus que la forêt, c'est pourquoi ils ont été drainés et brûlés. (Brisson, J. et A. Bouchard, 2006; Lank, D.M., 2006, 2007a et 2007b).

      « La Montérégie Ouest [où se situe le bassin versant de la rivière Châteauguay] dispose d'un patrimoine historique et culturel important et diversifié [...] qui contribue à l'identité du territoire » (Parcs Canada, 2007). Sur le territoire, on retrouve plusieurs musées et lieux historiques d'intérêt touristique (tableau 53). Certains ponts ont une valeur patrimoniale, reconnue (pont Percy à Hinchinbrooke (Powerscourt)) ou en processus de reconnaissance (Pont Turcot à Très-Saint-Sacrement) (Bolduc, S. et J. Hénen, 2001; Villemaire, L., 2009, communication personnelle). La plupart des villes et villages possèdent des bâtiments historiques reconnus et certaines ont publié des albums souvenirs (Bolduc, S. et J. Hénen, 2001 ; Comité du tricentenaire de Châteauguay, 1973).

      Quelques associations s'intéressent à l'histoire et au patrimoine (Fédération des sociétés d'histoire du Québec, 2009) :

      - Société historique de la Vallée de la Châteauguay,
      - Commission de tourisme de Mercier,
      - Société d'histoire et de généalogie de Salaberry,
      - Société d'histoire et de patrimoine de Lignery.

      Parmi ces associations, la Société historique de la Vallée de la Châteauguay publie depuis 1968 une revue annuelle riche et intéressante (Société historique de la Vallée de la Châteauguay, 1968).

      Tableau 53 Liste partielle des musées et lieux historiques d'intérêt touristique dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Tourisme Suroît, 2009b; CLD Roussillon, 2009b; Bolduc, S. et J. Hénen, 2001)

      Tableau 53

      4.2.1.2. Qualité de l'eau

      Les données de la qualité de l'eau, autant pour l'eau de surface que pour l'eau souterraine, résultent de l'effet de l'ensemble des usages passés et actuels sur les divers critères mesurés par les échantillonnages.

      4.2.1.2.1. Surface

      Au fil des ans, plusieurs critères de qualité de l'eau à 58 stations d'échantillonnage ont été suivis dans le bassin versant de la rivière Châteauguay représentant 3705 échantillons depuis 1979. La plupart des échantillonnages ont permis de suivre l'Indice de qualité bactériologique et physicochimique (IQBP), un indice sévère de la qualité de l'eau développé par le gouvernement du Québec qui est basé sur les concentrations estivales de sept paramètres couramment utilisés qui sont comparés aux normes en vigueur. Les paramètres suivis sont : la température, le pH, la turbidité, le phosphore dissous, le phosphore en suspension, les différentes formes de l'azote (nitrites-nitrates, azote ammoniacal, azote total), la chlorophylle a et les phéophytines (en été), le carbone organique dissous (COD), les matières en suspension (MES), la conductivité et les coliformes fécaux (Simoneau, M., 2007). Les résultats de qualité de l'eau et la liste des critères déclassants (dépassant régulièrement les normes) pour les critères suivis sont présentés au tableau 54. D'après ces données, la plupart des critères de qualité de l'eau sont tous déclassants pour l'une ou l'autre des stations échantillonnées depuis 1979 (tableau 55, p. 226).

      Tableau 54 Stations d'échantillonnage de la qualité de l'eau où sont dépassées les normes des divers critères de l'IQBP d'après les données présentées au tableau 55, p. 226 (Audet, G. 2009f)

      Tableau 54

      La qualité des eaux du bassin de la rivière Châteauguay est étroitement liée à l'occupation de son territoire. Déjà touchée par les activités agricoles menées au sud de la frontière, dans l'État de New York, la rivière Châteauguay présente à son entrée en sol québécois une eau de qualité douteuse en raison de sa teneur élevée en phosphore et en chlorophylle a. La qualité s'améliore quelque peu entre la frontière et l'aval d'Huntingdon, en raison de la confluence de la rivière Trout qui présente une eau de bonne qualité et du traitement conjoint des eaux usées de trois municipalités. Toutefois, la situation se détériore à nouveau entre Ormstown et l'embouchure, au fur et à mesure que s'intensifient les activités agricoles, notamment la production des cultures dites à grande interligne qui occupent la plus grande partie du territoire cultivé. Les eaux de la rivière des Anglais et de son principal affluent, le ruisseau Norton, de même que celles des rivières des Fèves et de l'Esturgeon, contribuent à l'enrichissement des eaux de la rivière Châteauguay en éléments nutritifs et au maintien d'un degré élevé de fertilité qui se reflète dans les mesures de la chlorophylle a. En dépit des nombreuses interventions d'assainissement urbain effectuées et d'une certaine amélioration de la qualité de l'eau, notamment de la qualité bactériologique, le degré de pollution résiduelle des cours d'eau demeure important et découle principalement des apports diffus de source agricole. [...]

      4.2.1.2.1.1. IQBP

      Ainsi, les résultats de l'IQBP révèlent que la qualité de l'eau de la rivière Châteauguay est déjà déficiente à son point d'entrée en territoire québécois en raison de l'intensité des activités agricoles qui prennent place au sud de la frontière, notamment la production laitière. Ces pressions se traduisent notamment par des concentrations élevées de phosphore et de chlorophylle a. Plus bas, en aval d'Huntingdon, la qualité de l'eau s'améliore en raison de l'apport d'eau de bonne qualité de la rivière Trout et du traitement conjoint des eaux usées des agglomérations d'Huntingdon, d'Hinchinbrooke et de Godmanchester. Toutefois, comme le révèlent les résultats obtenus en aval d'Ormstown, la situation se détériore à nouveau sur le cours principal de la rivière Châteauguay, au fur et à mesure que les activités agricoles s'intensifient. En effet, la rivière reçoit les eaux de mauvaise qualité des tributaires agricoles comme les rivières des Anglais, des Fèves et Esturgeon. D'ailleurs, les stations d'échantillonnage qui sont situées sur l'un ou l'autre des tributaires agricoles de la rivière Châteauguay présentent une eau de mauvaise qualité. Dans la plupart des cas, la composition de l'eau montre des mesures élevées de turbidité, de matières en suspension et des concentrations élevées d'éléments nutritifs.

      Ce sont principalement les productions végétales, dominées par les cultures à grand interligne, qui sont à l'origine de l'enrichissement quasi généralisé des eaux en éléments nutritifs comme le phosphore et l'azote. Les mesures élevées de ces éléments s'accompagnent par endroits de fortes concentrations de chlorophylle a. Celles-ci dénotent la présence d'une biomasse algale importante et soulignent bien la propension des milieux aquatiques à supporter la production végétale (matière organique).

      En revanche, les concentrations médianes de coliformes fécaux révèlent une qualité bactériologique qui varie de bonne à satisfaisante pour la presque totalité des stations de mesure du bassin versant. La dispersion des mesures autour de la médiane montre toutefois que la qualité bactériologique de l'eau est très variable par endroits; les mesures les plus élevées étant observées généralement à la suite d'épisodes de pluie. Ce constat confirme le degré d'avancement des interventions d'assainissement urbain, puisque la presque totalité des municipalités du bassin dotées d'un réseau d'égouts est actuellement desservie par une station d'épuration. La mise en service de la station d'épuration d'Howick, à l'automne [2008, a permis de débuter] le traitement des eaux usées qui étaient déversées par cette municipalité dans le tronçon terminal de la rivière des Anglais. (Simoneau, M., 2007)

      Lorsqu'on présente les résultats d'IQBP géographiquement (figures 73 et 74, p. 224 et 225) on remarque que certains bassins versants à l'intérieur du territoire sont de très mauvaise qualité, alors que d'autres sont en bien meilleur état.

      4.2.1.2.1.2. Les substances toxiques

      Au fil des années, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) a mené de nombreuses études afin de détecter la présence de plusieurs types de substances toxiques (métaux, pesticides, BPC, HAP, etc.) dans différents éléments de l'écosystème aquatique (eau, poissons et sédiments). Dans le bassin de la rivière Châteauguay, les travaux étaient surtout centrés sur la détection dans les cours d'eau de certains pesticides utilisés pour les cultures à grand interligne et la mesure de certains contaminants dans la chair de poisson. Les références bibliographiques de ces publications, vieilles d'une dizaine d'années, sont présentées [dans le document original]. (Simoneau, M., 2007)

      4.2.1.2.1.3. Pesticides

      La campagne d'échantillonnage des pesticides dans les cours d'eau du Québec est restreinte en raison du coût élevé des analyses qu'elle nécessite. Les résultats obtenus pour certains bassins ou sous-bassins versants sélectionnés pour représenter les quatre grandes cultures (maïs et soya, pommeraies, cultures maraîchères et pommes de terre) permettent néanmoins d'anticiper ce qui peut se passer dans d'autres rivières situées en zone agricole.

      Le sous-bassin de la rivière des Fèves draine un territoire agricole qui épouse essentiellement les limites de la municipalité de Saint-Urbain-Premier. Il est dominé par les cultures à grande interligne. Lors d'une campagne d'échantillonnage menée par le ministère de l'Environnement, en 1993, on a enregistré des concentrations élevées d'atrazine et de métolachlore. Dans 15 % des échantillons, les concentrations d'atrazine et de ses métabolites dépassaient même la recommandation de 5 μg/l dans l'eau potable. La cyanazine, le EPTC de même que la simazine et le linuron sont également présents, mais en plus faibles concentrations.

      Par ailleurs, une concentration de 6,3 μg/l de triazine a été enregistrée en 1994 à l'embouchure de la rivière Châteauguay. Des résultats similaires observés pour les rivières Yamaska et Nicolet confirment l'occurrence de concentrations qui peuvent dépasser les critères de qualité de l'eau même dans les grands cours d'eau.

      Bien que plusieurs pesticides n'aient été mesurés que sur le cours principal de la rivière Châteauguay et dans la rivière des Fèves, il est fort probable que plusieurs d'entre eux, couramment utilisés pour la culture du maïs et du soya, puissent aussi se trouver simultanément à des concentrations détectables dans les eaux de surface des sous-bassins où les cultures à grand interligne occupent une portion importante des terres cultivées, notamment la rivière des Anglais et son tributaire le ruisseau Norton de même que la rivière Esturgeon. (Simoneau, M., 2007)

      Par ailleurs, concernant les eaux de surface, en 2005, 2006 et 2007 [le MDDEP a] mené une campagne d'échantillonnage dans un cours d'eau, le ruisseau Gibeault-Delisle (dans VC ruisseau Norton). Ce ruisseau draine[nt] des terres à dominance de cultures maraîchères. Des pesticides y ont été détectés à une fréquence et en concentration élevées. Le rapport sur cette étude devrait être publié au cours de l'automne [2010]. À la lumière des résultats obtenus, des interventions visant une réduction ou une meilleure utilisation des pesticides dans les secteurs maraîchers seraient à envisager dans le cadre d'un plan directeur de l'eau. Prends note que dans le cadre du financement via le Programme Prime-Vert, des projets d'intervention en ce sens ont été présentés pour intervenir dans le bassin versant du ruisseau Gibeault-Delisle. (Giroux, I., 2010, communication personnelle)

      4.2.1.2.1.4. Substances organiques

      À l'été 1993, un suivi des substances toxiques effectué à l'aide de traceurs comme les mousses aquatiques a permis de détecter la présence de métaux, de BPC et de pesticides organochlorés, tandis que l'utilisation de cellules à dialyse a permis de concentrer les HAP, les phtalates, les acides gras et résiniques et quelques autres composés organiques pour mieux les détecter en amont et en aval de certains sites. Ainsi, on a déterminé que la municipalité de Huntingdon et la rivière de l'Esturgeon constituaient deux sources de contaminants dans la rivière Châteauguay (métaux, HAP, phtalates, acides gras et pesticides). Les villes de Sainte-Martine et de Châteauguay, qui traitent leurs eaux usées, contribuent également, mais dans une mesure moindre, à la composition chimique des eaux de la rivière.

      4.2.1.2.1.5. Chair de poisson

      Au nombre des substances toxiques ayant fait l'objet d'une étude, les BPC ne semblent pas constituer un agresseur de premier ordre dans le bassin. Seules quelques anguilles d'Amérique ont accumulé dans leur chair des concentrations de BPC qui dépassent le critère de 100 μg/kg pour la protection des prédateurs piscivores. La contamination de la chair des poissons par le mercure, de source géologique ou industrielle, est cependant plus évidente et dépasse souvent le critère de 0,5 mg/kg établi par Santé Canada pour la consommation humaine. Le doré jaune, le grand brochet et l'achigan à petite bouche présentent les plus fortes concentrations, les plus gros individus étant généralement les plus contaminés. Il faut toutefois noter que ces concentrations sont comparables à celles mesurées dans d'autres rivières québécoises.

      Enfin, le MDDEP effectue un suivi de la contamination de la chair de poisson de pêche sportive en eau douce par certaines substances toxiques comme le mercure, les BPC, le DDT, le Mirex ou les dioxines et furanes. Le lecteur qui désire obtenir des indications sur la consommation mensuelle sécuritaire de repas de poissons pêchés dans les cours d'eau du bassin de la rivière Châteauguay est invité à consulter le Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce, accessible à l'adresse suivante : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/guide/. (Simoneau, M., 2007)

      Figure 73 Qualité de l'eau dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Sullivan, A., 2010g)

      Figure 73 modif

      Figure 74 Qualité de l'eau par municipalité dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Sullivan, A., 2010f)

      Figure 74 modif

      Tableau 55 Stations d'échantillonnage dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (L'IQBP est composé des critères suivants : Ptot = Phosphore total ; T = Turbidité ; MES = Matières en suspension ; CF = Coliformes fécaux ; CT = Coliformes totaux ; Chla = Chlorophylle a et phéophytine ; NOx = Nitrates et nitrites ; NH4 = Azote ammoniacal) (Audet, G. 2009f)

      Tableau 55 1

      Tableau 55 2

      Tableau 55 3

      4.2.1.2.2. Souterraine

      4.2.1.2.2.1. L'eau souterraine : toujours une eau de qualité?

      L'eau souterraine est généralement de meilleure qualité que l'eau de surface (lac, rivière, ruisseau), en raison de la capacité filtrante du sol. Par contre, sa qualité n'est jamais garantie et des précautions doivent être prises pour éviter sa contamination microbiologique et chimique.

      La contamination microbiologique de l'eau souterraine est généralement causée par les activités anthropiques en surface, et dépend donc beaucoup de notre vigilance à protéger nos sources d'eau potable. Par contre, la contamination chimique, elle, est souvent d'origine naturelle et peut résulter du contact prolongé de l'eau avec des roches en profondeur.
      (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 37)

      4.2.1.2.2.2. Une « contamination » d'origine naturelle?

      Certains des éléments chimiques présents dans le roc et les dépôts meubles peuvent se dissoudre dans l'eau souterraine et, par conséquent, en modifier la qualité. Il arrive ainsi que, de façon naturelle, ces éléments soient présents dans l'eau souterraine à des concentrations pouvant présenter un risque pour la santé ou provoquer des effets désagréables chez ceux qui la consomment : l'eau peut avoir un goût salé, une couleur jaunâtre, dégager une odeur ou encore produire des taches sur les vêtements, les appareils sanitaires (bains, éviers, toilettes) et les électroménagers.

      Paradoxalement, une eau qui présente une apparence physique douteuse peut être sans danger sur le plan de la santé, alors qu'une eau en apparence claire et limpide peut contenir certains éléments en concentrations dommageables pour la santé. Une analyse appropriée de l'eau est donc nécessaire pour détecter s'il y a un problème, et préciser s'il existe un traitement approprié.
      (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 37)

      Encadré 13

      Compte tenu de l'intérêt que présente l'eau souterraine comme source d'approvisionnement en eau potable, la qualité de l'eau souterraine est définie selon son contenu microbiologique et physicochimique, en se basant sur des normes d'eau potable et des objectifs esthétiques.

      Une eau de bonne qualité est donc une eau qui respecte les normes d'eau potable et les objectifs esthétiques en vigueur.

      4.2.1.2.2.3. Qu'en est-il pour le bassin versant de la rivière Châteauguay ?

      À l'exception des environs du site contaminé des lagunes de Mercier, de façon générale l'eau souterraine est naturellement potable sur l'ensemble du bassin versant de la rivière Châteauguay. Toutefois, la campagne d'échantillonnage réalisée à l'été 2004 a révélé des dépassements ponctuels des normes d'eau potable pour le baryum (Ba), les fluorures (F) et les nitrates (NO3-). (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 37)

      En raison des coûts d'une telle recherche, il existe peu d'études réalisées au sujet des pesticides dans l'eau souterraine du bassin versant de la rivière Châteauguay. En fait, le MDDEP a réalisé une campagne d'échantillonnage dans certains puits privés de résidences souhaitant participer volontairement à l'étude, dans des secteurs limité du territoire, en 2005 (Giroux, I., 2010, communication personnelle).

      Dans le cadre de cette étude, 57 puits domestiques individuels ont été échantillonnés. Parmi ces puits :

      - 20 étaient situés à proximité de cultures de maïs et de soya (Sainte-Martine, Huntingdon, Saint-Chrysostome, Howi[c]k etc)
      - 22 étaient situés près de cultures maraîchères (Sainte-Clotilde, Sherrington, Saint-Isidore, Napierville, St-Rémi, St-Michel)
      - 15 étaient situés près de vergers (Franklin, Hemmingford, St-Antoine-Abbé, Havelock)

      Au total 13 des 57 puits montraient la présence de pesticides, soit dans 7 des 20 puits des secteurs maïs-soya et 6 des 22 puits des secteurs maraîchers. Aucun des 15 puits échantillonnés près de vergers n'a montré la présence de pesticides. Toutefois, pour ces derniers résultats, on ne peut pas nécessairement conclure que ce secteur est à l'abri de toute contamination, car cette situation peut-être attribuable à des conditions de pluie particulières de l'année 2005, qui, cette année là, auraient favorisé davantage le ruissellement de surface plutôt que l'infiltration vers les eaux souterraines. (Giroux, I., 2010, communication personnelle)

      De même, la SCABRIC a réalisé des analyses de puits privés dans le cadre d'un projet dans le bassin versant de la rivière aux Outardes Est (Audet, G., 2010a), qui n'ont permis d'identifier la présence d'aucun des pesticides recherchés dans les échantillons analysés.

      4.2.1.2.2.4. Le site contaminé des lagunes de Mercier

      La contamination de ce site, localisé à quelques kilomètres au sud-est de Mercier, découle de l'utilisation par le passé d'anciennes gravières comme lagunes d'emmagasinage de déchets industriels liquides. Ces liquides immiscibles denses, en s'infiltrant dans le sol, ont causé la contamination du sous-sol, au site, ainsi que de l'eau souterraine dans le secteur avoisinant. À ce jour, les diverses interventions réalisées au site n'ont pas permis d'éliminer le problème de contamination. Présentement, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) assure l'exploitation d'une usine de traitement de l'eau souterraine qui, par pompage, exerce un confinement hydraulique du site permettant de contrôler la migration des eaux souterraines contaminées. (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 44) (Voir la section 4.2.2.2.1, p. 228)

      4.2.1.2.2.5. Problèmes de potabilité

      Figure 75 Problèmes de potabilité de l'eau souterraine dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 37)

      Figure 75 modif

      4.2.1.2.2.6. Problèmes esthétiques

      Figure 76 Problèmes esthétiques de l'eau souterraine dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 38 et 39)

      Figure 76a

      Figure 76 (suite) Problèmes esthétiques de l'eau souterraine dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 38 et 39)

      Figure 76b

       

       

       

    • 4.2.2. Usages actuels

      Actuellement, les données disponibles concernant les usages de l'eau sont des études partielles. Elles permettent d'estimer un ordre de grandeur des quantités utilisées par les divers usagers. La seule manière d'obtenir des résultats précis de l'utilisation réelle des quantités d'eau serait l'installation de compteurs d'eau. Cependant, en envisageant l'installation de compteurs d'eau, on doit d'abord identifier quels sont les endroits stratégiques pour les installer et également répondre à des critères d'équité. Pour le moment, cette option n'est pas économiquement viable étant donné le nombre de foyers et d'entreprises sur le territoire.

      Prélèvements et rejets

      Deux études utilisant toutes deux l'évaluation des quantités d'eau nécessaires aux divers usages réalisée par BPR Groupe-Conseil (2002) ont permis d'estimer l'utilisation de l'eau souterraine sur le territoire du bassin versant de la rivière Châteauguay (Rutherford, A., 2005) et des Jardins-de-Napierville (Technorem, 2008a, 2008b et 2008c). On sait qu'une portion de l'eau souterraine puisée est rejetée dans les cours d'eau en surface, sans en connaître les proportions par rapport à ce qui est retourné sous terre. Par contre, on sait que seulement 9% des précipitations annuelles servent à la recharge de l'eau souterraine (Côté, M.-J., et al. 2006, p. 30), donc que l'ensemble des puits au roc se partagent l'équivalent de 9% des précipitations annuelles moyenne, ou l'équivalent d'une lame d'eau de 0,086 m sur la superficie du bassin versant (section 1.8.4.1.3.2, p. 120). Comme l'illustre la figure 79, p. 241, l'utilisation de cette eau est concentrée dans certaines zones.

      À partir des données de l'Atlas (Côté, M.-J., et al., 2006), on peut calculer que la recharge annuelle de l'aquifère est de 214 656 000 m3/an pour le bassin versant au complet ou 123 840 000 m3/an dans la portion québécoise du bassin versant et que la quantité utilisée par les québécois correspond à 31 040 000 m3/an. Ainsi, actuellement, l'utilisation de l'eau souterraine correspond donc à 25% de la recharge annuelle de l'aquifère au Québec.

      En ce qui concerne l'eau de surface, les quantités utilisées sont similaires à l'eau souterraine (31 040 000 m3/an correspondant à 48%), soit 33 627 000 m3/an (52%) du volume total utilisé. D'après l'Atlas, 357 760 000 m3/an d'eau ruissellent pour alimenter les cours d'eau. Les ponctions calculées pour l'ensemble des usages correspondent dont à 9% du ruissellement annuel moyen au Québec.

      Utilisation de l'eau souterraine

      L'eau souterraine est utilisée pour de multiples usages et par plusieurs utilisateurs. Puisque seuls certains grands utilisateurs ont des compteurs d'eau, les quantités d'eau utilisées dans une région ne sont jamais connues précisément. Néanmoins, il est possible de dresser un portrait réaliste des quantités d'eau souterraine utilisée en effectuant l'inventaire des captages et des usages qui leur sont associés. Par exemple, une famille de 4 personnes utilise en moyenne 292 m3 d'eau par an, alors que la production maraîchère requiert environ 1000 m3 d'eau /ha/an (SCABRIC). Ainsi, en déterminant les usages associés à un captage d'eau souterraine, il est possible d'estimer les quantités d'eau souterraine extraites.

      Les différents utilisateurs de l'eau souterraine

      À des fins d'estimation, les usages associés à un captage peuvent être estimés selon le propriétaire du captage.

      Particuliers : Les particuliers qui s'approvisionnent en eau par un captage privé en font majoritairement un usage strictement domestique (personnel). Fait intéressant, d'après les estimations réalisées par la SCABRIC, 22 % de la population de la zone étudiée dépend d'un captage privé pour l'approvisionnement en eau (soit environ 48 100 par opposition à 169 617 personnes qui bénéficient d'un système d'aqueduc).

      Entreprises agricoles : Les usages associés aux captages appartenant à des entreprises agricoles comprennent l'ensemble des besoins en eau liés à l'agriculture, à l'abreuvement et à l'entretien des animaux d'élevage et de production laitière. L'irrigation, qui est nécessaire pour les cultures, en particulier pour les cultures maraîchères et la pomiculture, représente la majeure partie des usages agricoles du bassin versant. Près de 75 % de la quantité totale d'eau utilisée pour l'irrigation est de l'eau souterraine, le reste étant de l'eau de surface.

      Commerces et industries : Les usages associés aux captages appartenant à des commerces et industries sont évidemment très spécifiques aux activités du commerce ou de l'industrie. Dans la région étudiée, les principaux captages commerciaux ou industriels répertoriés sont liés à des usages récréotouristiques, d'embouteillage, de transformation des aliments et d'exploitation de carrières. À ces captages s'ajoute le captage de l'usine de traitement des eaux souterraines (UTES) du MDDEP (ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs) à Mercier.

      Municipalités : Comme la plupart des municipalités distribuent l'eau à tous les utilisateurs raccordés à leur système d'aqueduc sans égard à l'utilisation qui en est faite, il est difficile d'estimer les usages finaux de l'eau distribuée. Toutefois, on peut raisonnablement supposer que la majorité des utilisateurs reliés au système aqueduc en font un usage domestique, et qu'une minorité seulement en font un usage commercial ou industriel.

      De façon générale, les puits qui s'approvisionnent dans l'aquifère régional sont surtout concentrés au nord-est du bassin versant, [à savoir :

      - Mercier
      - St-Isidore
      - St-Rémi
      - St-Michel
      - St-Patrice-de-Sherrington et,
      - Sainte-Clotilde-de-Châteauguay]

      L'utilisation de l'eau souterraine modifie sa qualité, comme le détaille la section 4.2.1.2.2, p. 228. Des études menées dans deux secteurs du bassin versant sur la présence de pesticides dans les puits privés du bassin versant par le MDDEP (Giroux, I., Roy, N. et Lamontagne, C., 2010) et par la SCABRIC (Audet, G., 2010a, communication personnelle) n'a démontré que la présence de quantités respectant les normes pour la consommation de l'eau potable et pour l'irrigation des cultures.

      Encadré 14 – L'utilisation de l'eau souterraine en chiffres et productivité des puits au roc (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 48)

      Encadré 14 modif

      Figure 77 - Utilisation de l'eau souterraine dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 49)

      Figure 77

      4.2.2.1. Usages municipaux

      De manière générale, les municipalités utilisent l'eau pour l'alimentation des foyers résidentiels, des institutions, des commerces et des industries. Elles ont la responsabilité du traitement de l'eau potable et de l'assainissement après les usages résidentiels, souvent institutionnels et commerciaux, parfois même industriels. Comme mentionné dans les sections 4.2.2.1.2 et 4.2.2.1.4, ce sont 33% des foyers résidentiels du bassin versant qui sont alimentés par des systèmes privés. La distribution de l'eau dans les 67% restants sont donc sous la responsabilité des municipalités (sections 4.2.2.1.1 et 4.2.2.1.3). D'après les données recueillies par la SCABRIC et présentées dans l'Atlas du bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 48 et 49; Rutherford, A., 2005), les municipalités du bassin versant utilisent 11,83 Mm3/an d'eau souterraine, soit 38% de l'ensemble des usages du territoire. Les volumes d'eau provenant de la surface qui sont utilisées par les municipalités ne sont pas connus.

      Les municipalités, quoique n'utilisant pas nécessairement d'eau, ont la possibilité d'influencer la qualité de l'eau dans l'entretien des routes (section 4.2.2.1.5) et en incluant des préoccupations sur l'eau dans la préparation de leurs plans de mesures d'urgence (section 4.2.2.1.6).

      4.2.2.1.1. Alimentation des aqueducs municipaux

      Différents organismes déterminent des valeurs guides pour l'eau potable (recommandations et normes) en fonction des risques pour la santé et des technologies de traitement disponibles. Ces valeurs de référence sont constamment en révision, et sont appelées à changer en fonction des avancées scientifiques et techniques.

      Au Québec, le MDDEP collabore avec Santé Canada pour déterminer les concentrations maximales acceptables pour différents paramètres chimiques, physiques, microbiologiques ou radiologiques. Si un seul de ces paramètres présente une concentration supérieure à la norme d'eau potable, l'eau sera déclarée non potable. Ces normes sont établies par le Règlement sur la qualité de l'eau potable (Q-2, r.18.1.1). La potabilité de l'eau souterraine peut être vérifiée à partir de quelques paramètres microbiologiques et d'une douzaine de paramètres chimiques qui représentent les problèmes les plus courants affectant la potabilité : arsenic, bore, baryum, cadmium, chrome, cyanures, fluorures, mercure, nitrates, plomb, sélénium et uranium. Dans les eaux souterraines du Québec, l'arsenic, le baryum, les fluorures et les nitrates représentent les composés les plus susceptibles de présenter une concentration supérieure à la norme établie. (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 37)

      Tel qu'expliqué précédemment, l'eau destinée à la consommation humaine doit respecter plusieurs normes de qualité. Les propriétaires de puits privés sont responsables d'effectuer eux-mêmes les évaluations nécessaires. Plusieurs municipalités sont responsables de réseaux de distribution. Un sondage a été réalisé afin de déterminer la provenance de l'eau dans les réseaux municipaux.

      Ainsi, en analysant les figures 80, p. 243 et 81, p. 248, on apprend que l'eau souterraine permet d'approvisionner 63% des foyers du bassin versant dans 26 municipalités, soit toutes les municipalités du bassin versant à l'exception d'Huntingdon, qui s'approvisionne directement dans la rivière Châteauguay. Châteauguay et Beauharnois sont les deux municipalités utilisant l'eau du fleuve Saint-Laurent pour s'approvisionner. L'eau fournie par l'aqueduc de Châteauguay sert à approvisionner les foyers des municipalités de Mercier, de Sainte-Martine, ainsi qu'une partie de Léry, de Saint-Urbain-Premier et de Saint-Isidore, principalement suite à l'interdiction de pompage occasionnée par la contamination de l'eau souterraine des lagunes de Mercier (voir la section 4.2.2.2.1, p. 255).

      Figure 78 Provenance de l'eau potable dans les municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay et nombre de foyers desservis (Audet, G., 2009g)

      Figure 78

      Figure 79 Provenance de l'eau potable dans les réseaux d'aqueducs municipaux existants du bassin versant de la rivière Châteauguay (Sullivan, A., 2010b)

      Figure 79 modif

      4.2.2.1.2. Puits privés

      En analysant la figure 80, p. 245 et le tableau 56, ci-dessous, on apprend que 33% des foyers du territoire sont desservis par des puits privés répartis dans 23 municipalités. Onze (11) de ces municipalités fonctionnent uniquement à l'aide de systèmes de puits privés.

      Cela permet de comprendre que la ponction d'eau sur l'aquifère régional et dans les nappes souterraines perchées est concentrée dans ces secteurs, étant donné que l'ensemble des usagers utilise directement l'eau souterraine de ces secteurs.

      Tableau 56 Municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay alimentées partiellement ou totalement par des puits privés

      Tableau 56

      (Audet, 2009g, MAPAQ, 2008a, Besner, L., 2009, CLD Beauharnois-Salaberry, 2009, CLD Haut-Saint-Laurent, 2009b, CLD Jardins-de-Napierville, 2009a, CLD Roussillon, 2009a)

      Figure 80 Approvisionnement par les puits privés et traitement privé des eaux usées dans les municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay (Sullivan, A., 2010c)

      Figure 80 modif

      4.2.2.1.3. Systèmes de traitement municipaux

      Deux règlements provinciaux encadrent l'épuration des eaux usées. Les municipalités doivent conformer leurs rejets aux exigences de rejet des stations de traitement des eaux usées (MDDEP, 2008c) et aux exigences de débordement des ouvrages de surverses (MDDEP, 2008b) qui découlent du Règlement sur l'application de l'article 32 de la Loi sur la qualité de l'environnement (L.R.Q., 2008, c. Q-2, r.1.001.1) (Gouvernement du Québec, 2008) et elles doivent faire appliquer le Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (R.R.Q., 1981, c. Q-2, r. 8) (Gouvernement du Québec, 1981) par les propriétaires privés.

      Un sondage a été réalisé afin de déterminer les cours d'eau où sont rejetés les eaux traitées et où sont envoyées les surverses (sans traitement lors d'épisodes de précipitations abondantes), de même que le type de traitement dans les réseaux municipaux (tableau 58, p. 246), ce qui a permis de produire une cartographie des rejets (figure 81, p. 248) (Audet, G., 2009g et MAMROT, 2009b). De plus, une compilation des évaluations de performance des ouvrages municipaux de traitement des eaux a été réalisée pour les années 2001 à 2009, ce qui a notamment permis de caractériser les surverses (tableau 59, p. 247) (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010). Notons que seule la ville de Mercier a un système de rétention qui redirige l'essentiel de ses surverses vers des étangs aérés, ce qui explique son taux de surverses de moins de 1%. Dans tous les autres systèmes, les surverses sont envoyées directement au cours d'eau. Les surverses ont représenté, pour les années où les systèmes étaient en activité, entre 1% et 10% des quantités rejetées annuellement entre 2001 et 2009. La fréquence annuelle moyenne des surverses varie de 0 à 127 pour les données de 2001 à 2009. C'est à Châteauguay qu'on a connu le plus grand nombre de surverses annuellement (127 événements), mais c'est à Saint-Chrysostome (833 heures annuellement) et Sainte-Martine (812 heures) que les surverses ont été les plus longues annuellement, en moyenne. Durant cette période, les surverses sont expliquées par la pluie (2486 événements), par la fonte de la neige (816 événements), par des ouvertures d'urgence (351 événements), pour des motifs non spécifiés dans les rapports (369 événements) ou pour d'autres raisons (64 événements).

      Au niveau de l'efficacité d'assainissement des ouvrages municipaux de traitement des eaux, les données compilées pour 2001 à 2009 indiquent que l'efficacité d'assainissement varie grandement selon les critères de qualité (tableaux 60 à 63, p. 249 à 251) (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010). Pour la demande biologique en oxygène (DBO5) (tableau 60, p. 249), l'efficacité de traitement varie de 83% à 94% et les normes de rejet sont respectées dans l'ensemble. Pour les matières en suspension (tableau 61, p. 249), l'efficacité de traitement varie de 75% à 94% et les normes sont parfois dépassées, surtout à Saint-Isidore et à Sainte-Martine. Pour le phosphore total (tableau 62, p. 250), l'efficacité de traitement varie de 51% à 85% et cette norme pour les rejets à l'effluent est souvent dépassée (de 1 à 3 fois la norme), ce qui est pourtant beaucoup moins sévère que la norme de phosphore dans les cours d'eau, qui est dépassée de 6 à 81 fois, selon les municipalités. Pour les coliformes fécaux (tableau 63, p. 251), les effluents des ouvrages municipaux de traitement des eaux respectent dans la plupart des cas les normes pour la baignade (contact primaire), à l'exception de Sainte-Martine, de Châteauguay, de Saint-Isidore et de Saint-Urbain-Premier.

      Parmi les 21 systèmes de traitement municipaux des eaux usées, on sait que 9 émissaires rejettent leurs eaux assainies vers les cours d'eau du bassin versant de la rivière Châteauguay. Dix des systèmes rejettent leurs eaux traitées vers d'autres bassins versants, soit directement dans le Fleuve Saint-Laurent, dans la rivière St-Louis, dans la rivière de la Tortue, dans la rivière St-Régis et dans la rivière l'Acadie.

      Les surverses, pour leur part, se font dans le bassin versant de la rivière Châteauguay pour 11 des municipalités. Dix (10) des autres systèmes rejettent leurs eaux de surverses vers le Fleuve Saint-Laurent, la rivière Saint-Louis, la rivière de la Tortue, la rivière Saint-Régis et la rivière L'Acadie.

      Ainsi, 22 500 foyers, soit 52%, rejettent leurs eaux usées traitées vers la rivière Châteauguay, 5 900 foyers, soit 14%, les rejettent vers d'autres bassins versant, 14 066 foyers, soit 33%, ont des systèmes de traitement privés et 770 foyers sont raccordés à un système pour lesquels on ne connaît pas les branchements des émissaires ni des surverses (Audet, G., 2009g et MAMROT, 2009b)

      Les données disponibles au sujet des boues provenant des systèmes d'épuration indiquent que parmi les systèmes de traitement présents sur le territoire, seuls les étangs aérés de la municipalité de Sainte-Martine ont été vidangés en 2007(MAMROT, 2008). En ce qui concerne l'utilisation des boues provenant des systèmes d'épuration, une compilation de leur transformation serait nécessaire. On sait qu'une partie de ces boues seront épandues sur les terres agricoles à titre de matières résiduelles fertilisantes (section 2.4.5), tandis que les autres seront enfouies ou incinérées, mais aucune statistique à ce sujet n'a été trouvée.

      Tableau 57 Type d'épuration des eaux usées dans les réseaux municipaux existants du bassin versant de la rivière Châteauguay (Audet, G., 2009g et MAMROT, 2009b)

      Tableau 57

      Tableau 58 Endroit du rejet des eaux usées après épuration ou sans épuration (surverses) de chacune des municipalités possédant un réseau d'égout et un système d'épuration des eaux usées dans le bassin versant de la rivière Châteauguay (Audet, G., 2009g et MAMROT, 2009b)

      Tableau 58

      Tableau 59 – Surverses dans les ouvrages municipaux d'assainissement des eaux des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay entre 2001 et 2009 (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010) 

      Tableau 59

      Figure 81 La qualité de l'eau et les rejets des eaux usées municipales après épuration et sans épuration (surverses) dans les cours d'eau du bassin versant de la rivière Châteauguay (Sullivan, A., 2010a)

      Figure 81 modif

      Tableau 60 – Efficacité d'assainissement et dépassement des objectifs environnementaux de rejets pour la demande biologique en oxygène (DBO5) des ouvrages municipaux d'assainissement des eaux des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay entre 2001 et 2009 (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010)

      Tableau 60

      Tableau 61 – Efficacité d'assainissement et dépassement des objectifs environnementaux de rejets pour les matières en suspension (MES) des ouvrages municipaux d'assainissement des eaux des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay entre 2001 et 2009 (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010)

      Tableau 61

      Tableau 62 – Efficacité d'assainissement et dépassement des objectifs environnementaux de rejets pour le phosphore total des ouvrages municipaux d'assainissement des eaux des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay entre 2001 et 2009 (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010)

      Tableau 62

      Tableau 63 – Dépassements de la norme de coliformes fécaux pour les activités de contact primaire dans les effluents des ouvrages municipaux d'assainissement des eaux des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay entre 2001 et 2009 (Audet, G. 2010c et MAMROT, 2010) 

      Tableau 63

      4.2.2.1.4. Systèmes de traitement privés

      Les municipalités où se situent des résidences non liées à un système d'égoût doivent faire appliquer le Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (R.R.Q., 1981, c. Q-2, r. 8) (Gouvernement du Québec, 1981) par les propriétaires privés. Les municipalités dont la responsabilité du traitement des eaux usées relève uniquement des résidences isolées sont les mêmes que les municipalités dont les propriétés sont alimentées par des puits privés (Figure 80, p. 243 et tableau 57, p. 245).

      Notons toutefois qu'actuellement, l'application de cette réglementation n'est encadrée que dans la municipalité de Saint-Anicet.

      En ce qui concerne le suivi des boues provenant des installations septiques privées, une recherche auprès des entreprises qui les récoltent serait nécessaire, car aucune statistique n'a été trouvée à ce sujet.

      4.2.2.1.5. Entretien des routes

      Il n'existe aucune étude établissant la méthode utilisée pour l'entretien des routes spécifique au bassin versant de la rivière Châteauguay. L'observation des pratiques d'entretien indiquent qu'il existe en général trois ingrédients pour réduire les accidents de la route en hiver, soit les sels de déglaçage, le sable et le gravier, ou généralement une combinaison des trois (Audet, G. ,2010b ; Environnement Canada, 2007). Des grattes mécaniques avec un réservoir de ces produits mélangés se promènent au besoin sur les routes et les rues du territoire. La neige, et le mélange étendu au dernier passage de la gratte, sont en partie poussée dans les fossés au bord des routes et en partie ramassée dans des camions pour être amenée dans des dépôts de neiges usées, qui sont exigées dans la Politique sur l'élimination des neiges usées (Environnement et Faune Québec, 1996). Les sables et graviers contribuent à augmenter les effets de l'érosion et de la sédimentation.

      Suite au constat des effets nocifs sur la faune, la flore, l'eau et les sols, Environnement Canada a introduit, en 2004, un code volontaire de bonnes pratiques pour la gestion environnementale des sels de voirie dans les municipalités (Environnement Canada, 2007). Les résultats d'une série d'études récemment publiées par l'équipe de Nick Eyles, un chercheur de l'Université de Toronto (Mittelstaedt, M., 2010), confirment que les sels de déglaçage des routes changent la salinité des milieux récepteurs au point de les rapprocher de ceux retrouvés dans les océans. Ils contaminent à la fois l'eau souterraine où ils s'infiltrent et l'eau de surface lors des crues hivernales et leur effet nocif s'étale sur l'année entière. En plus des sels, on retrouve dans l'eau ruisselant des routes d'autres produits toxiques tels les benzènes, toluènes, xylènes et autres hydrocarbures associés à l'essence utilisée dans les automobiles.

      4.2.2.1.6. Plans de mesures d'urgences

      La SCABRIC a débuté un sondage auprès des municipalités afin de déterminer lesquelles ont un plan de mesure d'urgence qui intègre, d'une part, une cartographie des accidents technologiques passés, des risques technologiques connus, des risques naturels connus et des endroits sensibles et, d'autre part, qui est lié à un système de surveillance, de prévention ou d'intervention des inondations, de la contamination de l'eau potable, des pénuries d'eau potable et des incendies de forêt (Audet, G. et Lapointe, M.-C., 2010b). Douze des 27 municipalités du bassin versant ont répondu au sondage, soit un taux de réponse de 44%. Parmi ces municipalités, 8 ont effectivement un plan de mesure d'urgence, dont 4 contiennent une cartographie. La plus ancienne date connue pour l'adoption d'un plan de mesure d'urgence par une municipalité est en 1997, tandis que le plus récent plan a été adopté en 2008. La plupart des plans de mesures d'urgence envisagent des problèmes d'inondation et des risques de contamination de l'eau potable, mais les pénuries d'eau potable et les incendies de forêt sont moins préoccupants.

      Tableau 64 Contenu des plans de mesures d'urgence des municipalités ayant répondu au sondage de la SCABRIC avant février 2010 (Audet, G. et Lapointe, M.-C., 2010b)

      Tableau 64

      Tableau 65 État des plans de mesures d'urgence des municipalités du bassin versant de la rivière Châteauguay (Audet, G. et Lapointe, M.-C., 2010b)

      Tableau 65

       4.2.2.2. Usages industriels

      De manière générale les industries du territoire utilisent l'eau pour une variété d'usages : comme solvant, pour la cuisson des aliments, pour l'embouteillage, pour le refroidissement de leurs systèmes de production, etc. D'après les données recueillies par la SCABRIC et présentées dans l'Atlas du bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 48 et 49; Rutherford, A., 2005), les industries du bassin versant utilisent 7,51 Mm3/an d'eau souterraine, soit 24% de l'ensemble des usages du territoire. Parmi les usages industriels, 15% du volume total (4,66 Mm3/an) sont utilisés par les carrières, 5% (1,56 Mm3/an) servent à retenir la contamination des lagunes de Mercier, un cas majeur bien documenté de contamination de l'eau souterraine (section 4.2.2.2.1), 2% (0,55 Mm3/an) servent à la transformation des aliments et 2% (0,56 Mm3/an) sont embouteillés pour l'exportation. Les volumes d'eau provenant de la surface qui sont utilisées par les industries ne sont pas connus.

      L'ensemble de ces usages affectent l'eau soit en l'exportant à l'extérieur du bassin versant (ex. embouteillage, production d'aliments transformés), soit en modifiant sa qualité (ajout de produits, résidus de cuisson), soit en augmentant sa température (dans les systèmes de refroidissement).

      Les données actuellement disponibles indiquent qu'il existe un cas majeur bien documenté de contamination de l'eau souterraine dans le bassin versant de la rivière Châteauguay, soit celui des lagunes de Mercier (section 4.2.2.2.1).

      4.2.2.2.1. Le cas environnemental des lagunes de Mercier

      « En 1968, le gouvernement du Québec a autorisé la compagnie Lasalle Oil Carriers d'utiliser une ancienne carrière, située à Ville Mercier, comme site d'enfouissement d'huiles usées, de solvants et d'hydrocarbures. Ce sont environs 40 000 tonnes de ces produits qui ont été enfouis, et ce, en 4 ans, dans ce qui est désormais connu sous le nom des « lagunes de Mercier. »

      En 1971, plusieurs puits artésiens appartenant aux citoyens logeant les environs du site étaient contaminés par ces produits hautement toxiques. Devant ce constat, le gouvernement du Québec a interdit tous déversements supplémentaires dans les lagunes. Les dommages à la nappe phréatique étaient malheureusement déjà très importants. Cela a d'ailleurs été reconnu par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), car en 1988 celle-ci affirmait que les lagunes de Mercier étaient au 18e rang des nappes phréatiques les plus contaminées au monde. [...] » (Laberge, M., 2004, communication personnelle).

      Les boues contaminées par des hydrocarbures, des composés organochlorés et leurs produits de dégradation, qui étaient dans les lagunes ont été emprisonnées dans la cellule « Boliden », une prison d'argile située entre 1,8 m et 5,2 m dans un champ à quelques kilomètres des anciennes lagunes. On a creusé 4 puits de profondeurs différentes à chacun des coins de la cellule Boliden. L'eau pompée dans les puits autour de la cellule Boliden est analysée pour 55 paramètres.

      Le contexte hydrologique à cet endroit est particulier et complexe. En effet, les contaminants qui y ont été enfouis se sont infiltrés à travers l'esker de sable et de gravier jusqu'au roc, car certaines portions de l'esker sont en contact direct avec le roc. Les contaminants se sont ensuite infiltrés dans les fractures du roc. En 2007, on estimait que le volume de roc contaminé était d'au moins 750 000 m3, avec une infiltration d'environ 15 m dans le roc et une superficie approximative de 200 m par 300 m.

      « En 1984, le ministère de l'environnement fait construire une usine de pompage [près du site contaminé]. Son mandat est de pomper l'eau afin de créer un piège hydraulique. Celui-ci doit servir à maintenir les contaminants de la nappe phréatique dans un périmètre restreint et éviter que ces derniers se propagent rapidement vers d'autres lieux. » (Laberge, M., 2004, communication personnelle). En effet, en l'absence du site de pompage de l'usine de traitement des eaux souterraines (UTES), la contamination dans l'esker migrerait vers le bras nord de la rivière Esturgeon et la contamination dans les fractures du roc se déplacerait vers la rivière Esturgeon puis suivrait la rivière Châteauguay, ce qui compromet l'utilisation de l'eau souterraine tant à l'échelle locale dans l'esker que plus régionalement dans l'aquifère de roc fracturé (figure 82) (MDDEP, 2007).

      Figure 82– Modèle conceptuel du site des lagunes de Mercier – Panache de contaminants dissous et UTES

      Figure 82 modif x

      Afin de suivre la propagation du panache de contamination, le MDDEP a installé un réseau de suivi de 15 puits (figure 83) avec 50 puits témoins dans lesquels la piézométrie et la qualité de l'eau sont suivis deux fois par année depuis 1995, en plus de plusieurs séries d'analyses menées entre 1974 et 1992. Le panache de contamination s'étendait en 2007 jusqu'à la limite entre Mercier et Sainte-Martine, qui est hors de la zone d'influence de l'UTES (qui crée une zone de stagnation de l'eau souterraine dans un rayon d'environ 2.2 km en aval des puits) et est probablement contaminée par le développement du panache avant l'installation de l'UTES en 1984 (voir les résultats de la campagne de 2006 présentés à la figure 84) (MDDEP, 2007).

      Figure 83 – Emplacement des puits d'observation échantillonnés (MDDEP, 2007)

      Figure 83 modif

      Figure 84 – Carte présentant les résultats de la campagne d'échantillonnage de l'eau souterraine des territoires voisins des lagunes de Mercier à l'automne 2006

      Figure 84 modif

      L'eau souterraine pompée par les trois puits de l'UTES au rythme de 45 l/sec (3800 m³/jour), est traitée pour enlever les composés organiques volatils (COV), provenant des lagunes, et le fer, contaminant naturel de l'eau souterraine de la région de Mercier. Des produits chimiques, tels que le peroxyde d'hydrogène, l'hypochlorite de sodium, des coagulants et des floculents, sont ajoutés à l'eau pour favoriser l'oxydation et l'enlèvement des contaminants. L'eau passe à travers une tour de dégazage, un bassin de sédimentation et des filtres à sable. Enfin, du thiosulfate est ajouté pour neutraliser les résidus de chlore avant rejet. L'eau traitée est rejetée dans la Branche 5 de la rivière Esturgeon à Mercier (MDDEP, 2007; Latulipe, J., 2012).

      « En 1994, le rapport du Bureau d'audience publique en environnement (BAPE) confirme que le site est contaminé. Le bilan dressé est le suivant : 1 600 m³ de terre contaminée par des huiles usées toxiques, 82 000m³ par des hydrocarbures et 448 000 m³ par d'autres types de produits chimiques. Le rapport recommande que le moratoire sur l'ouverture de nouveaux puits dans la région soit maintenu, qu'on extrait les sols contaminés excavables et qu'un mur de confinement soit construit autour des sols contaminés restants. Le BAPE estime alors que les investissements nécessaires pour l'application de ces recommandations se situent à environ 80 millions de dollars. [...]

      La contamination des lagunes de Mercier a eu des conséquences socio-économiques pour [de] nombreux citoyens, agriculteurs et même pour certaines entreprises de la région[,] notamment par le fait qu'ils n'ont plus accès gratuitement à une eau potable. La municipalité de Ste-Martine, par exemple, a dû fermer son puits municipal en 1982. [...] » (Laberge, M., 2004, communication personnelle). En 2006, suite à la réalisation de plusieurs études hydrogéologiques, le MDDEP a autorisé de nouveau le pompage par la municipalité de Sainte-Martine, à condition de diluer l'eau souterraine pompée dans l'eau provenant de l'aqueduc de Châteauguay, mais n'a jamais délivré le permis (Mallette, B., 2012, communication personnelle).

      Depuis le raccordement des municipalités au réseau d'aqueduc de Châteauguay, l'approvisionnement en eau potable est géré par la Régie intermunicipale d'aqueduc de la vallée de Châteauguay (RIAVC). « Cette dernière a été créée dans le but de mieux desservir les citoyens en eau potable. Elle gère l'approvisionnement en eau potable sur le territoire des municipalités de Mercier (six voix), Saint-Isidore (deux voix), Sainte-Martine (quatre voix) et Saint-Urbain (deux voix). Le RIAVC est un organisme de concertation et les membres travaillent en collaboration. [T]out projet présenté doit obtenir la majorité des voix afin qu'il puisse aller de l'avant. » (Candau, F., 2012). Étant donné l'âge du réseau, une portion des infrastructures est désuète et requiert une entente des membres du RIAVC pour les mettre à niveau.

      Le dossier de la décontamination du site a peu progressé parce que la technologie n'existait pas. En septembre 2010, plusieurs intervenants concernés par le dossier des lagunes de Mercier se sont rencontrés pour échanger, entre autres, au sujet des solutions vers la décontamination du site. À ce moment, des négociations étaient en cours avec le Centre d'excellence de Montréal en réhabilitation des sites (CEMRS). Le CEMRS et l'expérience de Sydney Tar Ponds pourraient servir à stimuler la recherche en ce sens. Cependant, le dossier a été abandonné en 2011 et le CEMRS a été dissous en mai 2012. Les fonds du CEMRS ont été donnés à l'IRBV qui poursuit des objectifs similaires. Certains chercheurs de l'IRBV seraient ouverts à la poursuite des travaux, à condition que Clean Harbours, le propriétaire du site, soit en accord et que le financement soit adéquat.

      En même temps, le MDDEP déposait les plans et devis pour la réfection des installations de l'UTES (ce qui n'avait pas été fait depuis 1984) afin d'en assurer le bon fonctionnement jusqu'à ce que soit autorisé le nouveau design de l'UTES, nommé UTES2, qui viserait plutôt la décontamination du site plutôt que le ralentissement de la propagation des contaminants. Les travaux de réfection en profondeur de l'UTES étaient en cours à l'été 2012 et devaient se terminer à la fin du mois d'août.

      4.2.2.3. Usages agricoles

      L'activité agricole y est prépondérante, occupant 59% de la portion québécoise du territoire (tableau 18, p. 133 et figure 51, p. 134) et générant des revenus d'environ 565 millions de dollars dans les 4 MRC du bassin versant (tableau 25, p. 144) (MAPAQ, 2008a). D'autre part, les activités agricoles sont variées, comme l'indiquent les tableaux 26 à 29, pages 147 et 155 présentés précédemment, mais les principales sont la production laitière et les grandes cultures de maïs et de soya.

      D'après les données recueillies par la SCABRIC et présentées dans l'Atlas du bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 48 et 49; Rutherford, A., 2005), les activités agricoles du bassin versant utilisent 8,18 Mm3/an d'eau souterraine, soit 27% de l'ensemble des usages du territoire. Cette eau sert, dans une proportion de 22% (6,75 Mm3/an), à l'irrigation des cultures, surtout les cultures maraîchères et celles en serres, ainsi que pour diluer les intrants (engrais, pesticides) et, dans une proportion de 5% (1,43 Mm3/an), à l'abreuvement et au nettoyage des élevages. Les volumes d'eau qui sont utilisés par les industries et qui proviennent de la surface sont inconnus.
      Après l'utilisation, l'eau est ensuite rejetée de la ferme soit par drainage, entraînant les contaminants qui se trouvaient au sol vers les cours d'eau ou le sous-sol, soit par accumulation dans un contenant, comme dans les lisiers créés par le nettoyage des bâtiments d'élevage.

      4.2.2.4. Usages récréotouristiques

      Les entreprises de tourisme et de loisir représentent 3% des entreprises mais présente un important potentiel de développement économique pour la région (Satellite Gestion Marketing et GPS Tourisme, 2006).

      D'après les données recueillies par la SCABRIC et présentées dans l'Atlas du bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté, M.-J., et al., 2006, p. 48 et 49; Rutherford, A., 2005), les activités récréotouristiques du bassin versant utilisent 0,18 Mm3/an d'eau souterraine, soit 1% de l'ensemble des usages du territoire. Cette eau sert à permettre le fonctionnement des golfs, des campings et des piscines. Les volumes d'eau qui sont utilisés par les industries et qui proviennent de la surface sont inconnus.

      Les cours d'eau sont utilisés pour la pratique des sports nautiques, qu'ils soient motorisés (bateau à moteur, ponton, motomarine, ski nautique) ou non (canot, kayak, pédalo dont trois (3) services de location d'embarcations accessibles à Huntingdon, à Sainte-Martine et à Châteauguay), ainsi que pour la pêche. De plus, ils rehaussent le paysage pour certaines autres activités touristiques n'utilisant pas l'eau directement, tels les « bed & breakfast », les circuits vélo et les circuits champêtres agro-touristiques. De plus, la rivière et certains de ses affluents servent de halte migratoire à de nombreux oiseaux limnicoles dont la présence attire les touristes.

      4.2.2.5. Retenues d'eau

      Les retenues d'eau jouent divers rôles dans le bassin versant de la rivière Châteauguay. Historiquement, les barrages et seuils ont été construits pour le fonctionnement de roues à aube qui servaient de moteur aux moulins, autant pour la fabrication de farine que pour les scieries. Maintenant, les retenues d'eau servent principalement de réserve d'eau d'irrigation pour les périodes plus sèches, particulièrement dans les cultures maraîchères sur les terres noires. Les castors sont également très actifs sur le territoire et créent de nombreux barrages utilisés par une faune variée, au grand déplaisir des agriculteurs.

      4.2.2.5.1. Ponts, ponceaux et barrages

      Étant donné l'omniprésence des cours d'eau et la densité du réseau routier, les ponceaux et les ponts sont très nombreux. Depuis 2007, les ponts municipaux sont sous la responsabilité du ministère des Transports du Québec (MTQ) (décret 1176-2007). Des inspections annuelles sont obligatoires pour l'ensemble des ponts (3 mètres est plus) du territoire et pour certains ponceaux (moins de 3 mètres). De plus, des inspections générales, qui incluent la vérification de l'érosion, au sol, engendrée par les ponts, sont réalisées aux 2 à 4 ans. Si on constate que les infrastructures sont érodées, les interventions à réaliser dépendront des sources d'érosion et des recommandations proposées au cas par cas. La vérification complète de tous les ponceaux de la Montérégie Ouest nécessite environ 3 ans. (Goulet, C., 2009, communication personnelle)

      Le MTQ possède un inventaire quantitatif des ponts et des ponceaux du territoire dont la responsabilité relève de ses compétences. Sur le territoire de la Montérégie Ouest, le MTQ recense 652 ponts de 3 mètres et plus et 3135 ponceaux de moins de 3 mètres. Toutefois, le MTQ ne possède pas de recensement complet des ponceaux du territoire. Une partie des ponceaux, soit les ponceaux sur les chemins privés, sont la responsabilité des propriétaires, alors que les ponceaux sur les chemins municipaux, relèvent de la gestion municipale.

      Le MTQ se préoccupe des effets de ces ouvrages sur l'érosion des cours d'eau. Au moment de l'inspection générale, dont la date est déterminée par un système de suivi, le MTQ procède à l'évaluation de l'érosion des berges à proximité de l'infrastructure qui est causée par lesdites infrastructures. Dans la conception d'un nouvel ouvrage, le MTQ applique des normes qui intègrent des préoccupations pour la protection des rives et la réduction de l'érosion (Youcef, L., 2009, communication personnelle).

      En plus des nombreux ponts et ponceaux, le bassin versant comporte au moins 62 barrages de plus d'un mètre (Figure 3, p. 13). En effet, d'après l'étude de Canards Illimités sur l'effet des retenues d'eau dans le bassin versant du ruisseau Norton, il existe probablement plusieurs barrages non recensés par le MDDEP, car cette seule étude a permis d'en recenser 5 supplémentaires sur un territoire de 5557 ha (Canards Illimités Canada, 2008, p. 35 et 38).

      En théorie, les seuils et les barrages devraient permettre la libre circulation du poisson, conformément à la Loi sur les pêches (Gouvernement du Canada, 2010). Toutefois, il n'existe pas de système de vérification.

      Figure 85 – Les barrages du bassin versant de la rivière Châteauguay (Sullivan, A. 2010)

      Figure 85 modif

      4.2.2.5.2. Nettoyage des cours d'eau

      Le nettoyage des cours d'eau est effectué afin qu'ils retrouvent leur efficacité de drainage des terres. Cette responsabilité échoit aux MRC. Lorsqu'un propriétaire effectue auprès de sa municipalité locale une demande de nettoyage, l'inspecteur municipal est dépêché sur les lieux pour valider s'il existe ou non un problème d'évacuation de l'eau. Si c'est le cas, une résolution est adoptée à la table du Conseil de la municipalité locale afin de demander l'intervention de la MRC. Sur réception de la résolution par la MRC, cette dernière mandate son ingénieur, sur recommandation du comité de cours d'eau de la MRC, afin d'entreprendre les démarches nécessaires aux travaux d'entretien d'une partie ou du cours d'eau en entier, selon le cas. Ces nettoyages sont effectués en respectant une série de critères : ils doivent s'effectuer en dehors des périodes de frai du poisson, ne doivent pas dépasser le profil original du cours d'eau et doivent considérer les efforts de stabilisation réalisés par les propriétaires. Actuellement, les MRC peuvent procéder avec les travaux d'entretien des cours d'eau sans obtenir, du MDDEP, un certificat d'autorisation. Il s'agit là d'une entente administrative entre les deux paliers. La pratique du nettoyage des cours d'eau requiert que l'une des rives soit déboisée afin de permettre à l'excavatrice d'avoir accès au cours d'eau. La facture de l'opération est distribuée au prorata de la superficie contributive de chacune des propriétés faisant partie du bassin versant du cours d'eau nettoyé. Un suivi des nettoyages est élaboré par l'ingénieur qui doit faire la surveillance de chantier. L'ingénieur doit être en mesure de répondre à toutes les questions concernant l'état d'avancement des travaux de chacun des dossiers en cours. (Crête, F., 2009, communication personnelle)

       

       

    • 4.2.3. Usages prévus dans le futur

      Les tendances qu'il est possible de prévoir en ce moment et qui influenceront les usages de l'eau tendent toutes vers une augmentation des quantités d'eau utilisées et de l'augmentation des pressions sur l'eau, le territoire et la biodiversité. Cette section ne considère aucunement les impacts des changements climatiques, qui sont décrits en détails dans la section 1.7.3, p. 37.

      4.2.3.1. Étalement urbain

      L'embouchure du bassin versant de la rivière Châteauguay étant située en périphérie de Montréal, la construction urbaine tendra à augmenter au cours des prochaines années, les municipalités cherchant à augmenter leurs revenus afin d'offrir plus de services à leurs citoyens. Ces constructions se font invariablement en empiétant soit sur le territoire agricole, soit sur les boisés et les milieux humides.

      Une fois les constructions complétées, il faut les alimenter en eau potable et traiter leurs eaux usées, ce qui augmente les quantités d'eau en circulation, à moins d'un changement important dans les technologies d'utilisation de l'eau pour ces nouvelles constructions, ce qui ne semble pas tendre à devenir obligatoire. Par le fait même, les quantités d'eaux usées traitées tendront à augmenter, ce qui accroîtra les quantités de boues accumulées par les stations d'épuration. Ces boues devront à leur tour être soit utilisées comme matières résiduelles fertilisantes en agriculture, soit enfouies, soit incinérées.

      Le prolongement de l'autoroute 30 favorisera probablement cette tendance à l'étalement. De plus, la construction requerra l'installation d'un nouveau pont sur la rivière à travers Châteauguay, à l'endroit où se situe une importante frayère d'achigans à petite et à grande bouche et où l'on a pêché, en 2004, le méné d'herbe, un poisson désigné espèce en péril au Canada. (SCABRIC, 2005)

      4.2.3.2. Développement agricole

      On peut également prévoir la tendance à l'augmentation des superficies agricoles sur le territoire, toujours au coût d'une réduction des superficies en boisés et en milieux humides. Cette augmentation de superficies entraînera probablement un accroissement des besoins en eau pour l'irrigation. De plus, sur la Covey Hill, on note depuis quelques années une tendance au remplacement des espèces de pommiers présentes vers des pommiers nains nécessitant une irrigation au goutte à goutte.

      Un groupe de citoyens s'inquiète déjà de l'épandage des matières résiduelles fertilisantes utilisées actuellement sur les terres agricoles (section 2.4.5, p. 163). Avec l'accroissement des quantités de boues usées municipales prévisibles, les risques associés à cette pratique ne pourront aller qu'en augmentant. (SCABRIC, 2005)

      4.2.3.3. Développement industriel

      Avec le prolongement de l'autoroute 30, de nouvelles industries viendront s'installer dans le bassin versant de la rivière Châteauguay. Les Centres locaux de développement (CLD), offrent un appui au développement d'entreprises dans le respect des lois, des règlements et des normes en vigueur, mais ne spécifient aucune « contrainte environnementale » au développement afin qu'il respecte des critères adaptés au territoire et à l'état de l'eau.
      (SCABRIC, 2005)